Révolutionnaires !

NPA haute vallée de l'Aude

Second tour des cantonales

Classé dans : Antifascisme — 27 mars, 2015 @ 12:53

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La bête immonde qui monte…

 

Laissons pisser les petites querelles sur l’étiquette attribuée par le ministère de l’intérieur aux différents binômes de candidats et sur le score attribué à chaque parti dans le cadre d’alliances à géométrie variable ; ainsi dans notre canton il n’est pas facile de savoir quel pourcentage des suffrages qui se sont portés sur la liste conduite par Nadine l’HENORET et Jean-Louis BOUSQUET doit être attribué aux composantes du Front de Gauche plutôt qu’à Europe Ecologie, sans parler de Nouvelle Donne. Pas davantage ce qui revient au PCF sur le canton de Limoux : seulement le score de la liste officielle ou une partie des voix qui se sont portées sur le Front de Gauche ?

Cependant la question ne se pose pas pour le Front National présent sur son seul sigle, et cela dans tous les cantons de l’Aude, avec des scores qui lui permettent non seulement d’accéder partout au second tour (sauf bien sûr à Bram, pourvu dimanche dernier) mais aussi d’avoir des élus dans la future assemblée départementale. Or un nouveau progrès dans son ancrage local crédibiliserait encore le FN tout en lui procurant des moyens supplémentaires. On a vu avec les municipales que l’extrême droite a bien moins de mal que par le passé à trouver des candidats pour les élections locales, dans le même temps que s’affiche un racisme décomplexé.

Dans les cantons où le second tour opposera des candidats du PS à un binôme FN, il y a un vrai risque de voir ce dernier l’emporter grâce à un renfort important d’électeurs de la droite « classique », la porosité entre droite et extrême droite étant renforcée par la surenchère raciste et sécuritaire de certains dirigeants de l’UMP (voir la récente  intervention de Nicolas SARKZY sur les cantines scolaires). Le péril est d’autant plus grand quand le Front National est arrivé en tête au premier tour.

Dans ce cas de figure, le NPA est entièrement solidaire des électeurs de gauche qui, malgré leur rejet de la politique du gouvernement HOLLANDE-VALLS et la responsabilité des sociaux libéraux dans la progression du vote FN, utiliseront le bulletin PS pour contenir la vague bleue marine. Nous le ferons sans illusion, conscients que c’est sur notre propre terrain, celui de la lutte des classes, que se dénouera la question sociale. Nous rejetons bien entendu tout « front républicain » avec les partis de drpite qui courent après le Front National et son programme.

Dans notre canton, où nous avons une triangulaire et où le PS s’est retrouvé assez nettement en tête au premier tour, le risque apparaît nul de nous coltiner des élus FN, sauf très hypothétique transfert de voix UMP alors que la droite reste dans la course. Nombre d’électeurs de gauche hésiteront à faire un cadeau au parti socialiste, d’autres choisiront le principe de précaution… deux attitudes électorales différentes qui ne doivent pas nous empêcher de nous retrouver le 9 avril dans les grèves et les manifestations.

 

On fait suivre :

Classé dans : Non classé — 23 mars, 2015 @ 6:32

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Semaine nationale des alternatives aux pesticides 

 

VENDREDI 27 MARS A GRANES (salle des fêtes)

EXPOSITION « DE LA NATURE…AU JARDIN »

(prêt gratuit du Conseil Général de L’Aude)

 

17h :  Le Maire et le conseil municipal proposent :

« PLANTES DE TROTTOIR, faut-il désherber ? » Quelles solutions pour nos villages ?  Intervention de Moutsie de l’Association « l’Ortie » et de Sylvie Setzkorn du Conseil Général Laurie Vaquiée chargée de mission sur la qualité de l’eau des captages prioritaires viendra nous parler du captage de Maquens.

 19h :  Buvette, Petite Restauration  « Assiette Printanière »   6 EUR        

Préparé par l’Association « AnimA GRANES » réservation souhaitée au 04 68 31 16 56

 20h30 :  Film proposé par l’Association AIRE «  Pesticides Non Merci » suivi d’un débat

                                                                                                                                                             

Elus, Citoyens, Agriculteurs,  Apiculteurs Professionnels de l’Eau, de la Santé….et autres, venez  nombreux, nous sommes tous concerné par cette problématique et nous  devons tous ensemble trouver des solutions pour que cesse cette  pollution !    

  

                               Contact/infos : 04 68 20 49 22        

Décryptons le discours du FN (2)

Classé dans : Antifascisme — 23 mars, 2015 @ 6:01

Marine revoit son programme

Une surprenante défense des services publics

Lisez bien le texte qui suit. Sans doute les termes d’Etat fort n’entre pas dans le vocabulaire de la gauche, mais remplacez « fort » par républicain, un mot très à la mode, et moyennant quelques autres petites corrections vous obtiendrez un programme présentable que pourraient revendiquer beaucoup de celles et de ceux qui se classent dans la gauche antilibérale. Pourtant ces propositions n’émanent pas de notre camp. Nous reproduisons, sans le moindre ajout ni le moindre retrait, une fiche programmatique de l’équipe de campagne de Marine LE PEN, fiche qu’on peut toujours lire sur le site du Front National : http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/autorite-de-letat/services-publics/ 

Naturellement nous ne sommes pas dupes de cette démagogie, mais force est de constater qu’elle est payante au plan électoral, dans le cadre d’une politique attrape tout où le FN s’avère capable d’adresser des messages à toutes les catégories sociales. C’est la raison pour laquelle, même si la lecture de ses publications nous répugne, il est indispensable de décrypter son discours pour comprendre pourquoi ça marche, comment il peut réaliser de tels scores dans les petites communes rurales de nos cantons audois (et ailleurs). Bien sûr les propositions « sociales » du FN ne sont qu’un des volets, mais elles viennent légitimer les autres : le racisme, le discours sécuritaire, la chasse aux « assistés » et autres saloperies. Raison de plus pour décrypter et démasquer. Dans le prochain article de notre dossier antifasciste nous ferons le lien avec le socle de classe que le FN cherche à consolider.  

 

Les services publics sont un patrimoine de première importance auquel les Français sont très légitimement attachés. L’un des plus grands crimes commis par les gouvernements UMP et PS successifs consiste à avoir méthodiquement travaillé à démanteler ce trésor national, en particulier dans les zones rurales. Les services publics sont un vecteur essentiel de l’égalité entre les citoyens. Le redressement des services publics constitue donc un axe essentiel du projet présidentiel, et s’inscrit en cohérence avec la restauration d’un Etat fort, partout sur le territoire.

ANALYSE

  • La libéralisation et la privatisation des services publics L’UMP et plus encore le PS, nous parlent régulièrement des services publics, qu’ils prétendent vouloir protéger. Ces deux partis, successivement au pouvoir ces dernières décennies, ont pourtant porté un coup très grave aux services publics français à travers deux mouvements qui se poursuivent aujourd’hui : en soutenant « la concurrence libre et non faussée » et donc la libéralisation des services publics, conséquence des Traités européens et des directives qui en découlent ; en privatisant les entreprises de service public dans tous les secteurs. Il faut noter que les gouvernements de gauche ont autant contribué à ce double mouvement de libéralisation et de privatisation que les gouvernements de droite (le gouvernement Jospin a ainsi privatisé Air France, France Télécom, et des autoroutes).
  • Les conséquences néfastes de ce mouvement : une hausse des tarifs Ces évolutions ont plusieurs conséquences néfastes. Le consommateur d’abord, n’a en rien profité de cette évolution, au contraire. L’accaparement des secteurs rentables par le privé et les nombreuses ententes (constitution d’oligopoles), comme dans la téléphonie par exemple, souvent dénoncées mais jamais cassées, ont empêché la baisse promise des tarifs. La qualité du service s’est fortement dégradée. La nouvelle complexité des offres tarifaires a nui aux capacités d’arbitrage de consommateurs aujourd’hui désemparés. L’exemple de la téléphonie est à cet égard frappant (ententes entre les principaux opérateurs, coûts élevés pour le consommateur), de même que celui du renseignement téléphonique (l’offre qui a remplacé l’ancien numéro 12 est désormais illisible, très coûteuse et de surcroît délocalisée). En ce qui concerne l’électricité, la scandaleuse loi NOME accroît artificiellement les tarifs alors que l’énergie nucléaire permet une production à bas coût (les prix de l’électricité ont ainsi crû de 9,3% en 2 ans, et rappelons que ceux du gaz ont augmenté de 60% en 6 ans).
  • La rupture du principe d’égalité Aussi grave, la libéralisation des services publics telle qu’envisagée par l’Union européenne et appliquée en France porte atteinte au principe fondamental de l’égalité des citoyens devant les services publics, en particulier dans les zones rurales, les premières touchées. La libéralisation envisagée du transport ferroviaire de voyageurs, après celle du fret, contribuera à la fermeture des lignes SNCF non rentables. La libéralisation du service postal d’acheminement du courrier a déjà produit des effets délétères dans d’autres pays européens. Ainsi, depuis 2007 en Espagne, la société Correos ne distribue plus le courrier aux habitations situées à plus de 250 mètres d’une voie principale. Combien de Français, souvent âgés, vivant à la campagne devront faire des kilomètres chaque jour pour relever leur boîte postale si la France connaît la même évolution ?
  • Le désengagement de l’Etat de tous les services publics A la problématique européenne de libéralisation des services publics s’ajoute celle du désengagement progressif de l’Etat dans les services publics régaliens (défense, police et gendarmerie, justice), mais aussi dans les services publics de la santé, de l’éducation, de la petite enfance. Ces problématiques particulières font l’objet d’un traitement dans les parties du projet qui leur sont spécifiquement consacrées, mais elles aggravent les problèmes ici dénoncés. Il en va de même concernant la RGPP (révision générale des politiques publiques) qui a considérablement désorganisé et affaibli les services déconcentrés de l’Etat.
  • L’Etat fort, garant des services publicsPour répondre à tous ces défis, l’Etat doit retrouver une capacité de définition stratégique de la politique de la Nation en matière de services publics et d’aménagement du territoire, s’agissant notamment de l’énergie, de l’eau, des transports publics, des télécommunications et des services postaux.

POSITIONS

  1. Modernisation et rationalisation des services publics.
    Un effort d’organisation et d’efficacité sera mené pour moderniser et rationaliser le fonctionnement des services publics marchands.
  2. L’interruption des processus de libéralisation
    Une renégociation des Traités européens sur la question des services publics mettra fin au dogme de « la concurrence libre et non faussée», et à l’obligation de libéralisation des services publics.
    Dans l’immédiat, l’application des directives européennes de libéralisation des services publics sera gelée, s’agissant en particulier du transport ferroviaire et des services postaux.
  3. La sanctuarisation des participations publiques Les participations actuelles de l’Etat dans les grandes entreprises de service public seront sanctuarisées. Les ouvertures de capital et privatisations d’entreprises de service public seront donc empêchées. Les collectivités territoriales seront incitées à en faire de même à leur niveau.
    La Poste sera de nouveau un établissement public de l’Etat.
  4. La garantie de la continuité territoriale
    L’Etat veillera au respect scrupuleux du principe de continuité territoriale, qui veut qu’aucune zone du territoire national n’échappe au service public, dans tous les secteurs (transports, énergie, poste, télécommunications notamment.).Les opérateurs privés en charge de missions de service public, notamment dans la téléphonie et l’accès au numérique, verront leur cahier des charges durci pour assurer l’égalité de tous devant le service public, en particulier en zone rurale et en Outre-mer.
  5. Les services publics garants du pouvoir d’achat
    Dans le cadre de la politique menée en faveur du pouvoir d’achat, les ententes illicites entre opérateurs privés seront pénalement sanctionnées, notamment dans les télécommunications ; des tarifs plafond seront décidés par l’Etat et imposés à tous les opérateurs des transports publics locaux ; les tarifs de l’électricité et du gaz seront directement réglementés par l’Etat et la loi NOME abrogée.
  6. La remunicipalisation de l’eau
    S’agissant du service public de l’eau, l’Etat encouragera les collectivités locales à maîtriser les processus de captation, production et traitement de l’eau, via notamment, lorsque la situation financière de la collectivité le permettra, une remunicipalisation du service public de l’eau.

Elections départementales

Classé dans : Dans les urnes — 23 mars, 2015 @ 5:12

Vota nulo

Les résultats dans le canton de Quillan

Notre canton est un des cinq du département qui comptera encore trois listes au second tour, sachant qu’il y a ballottage partout sauf à BRAM où le PS est passé au premier tour et que, c’est sans doute le principal évènement, le Front National disputera la finale dans tous les cas. Comme on s’y attendait du fait du redécoupage et de la modification des règles électorales, le PCF, EELV et le POI perdent les sièges qu’ils détenaient dans l’assemblée précédente.

 La liste AUDE, dont les candidats titulaires sont Nadine l’HENORET et Jean-Louis BOUSQUET, obtient un excellent résultat avec 17,4%, arrivant en tête dans un nombre significatif de villages, parfois avec la majorité absolue. L’addition de l’électorat communiste traditionnel du canton, renforcé probablement par des socialistes mécontents, et du vote écologiste, sur un programme commun plus vert que rouge, a donc bien fonctionné. Avec un bémol toutefois, la ville de QUILLAN où avec 10,5% le score est sensiblement inférieur à la moyenne du canton, mais ça n’est pas la seule singularité du vote sur le chef-lieu.

Le Front National présentait deux inconnus et malgré une campagne plus que discrète la « vague bleu marine » n’épargne pas la Haute Vallée, pas plus que le canton voisin de Limoux. Il arrive en deuxième position avec près de 25% et les résultats par commune réservent quelques mauvaises surprises. Outre de bons scores dans plusieurs villages, le FN est nettement en tête à ESPERAZA et CAMPAGNE SUR AUDE. Les déboires du PS lui profitent davantage qu’à l’UMP, dont les candidats seront tout de même présents au second tour. C’est une situation préoccupante, même si la triangulaire et la sensible avance du PS au premier tour ne laisse guère de doute sur le résultat final dans notre canton. Logiquement, malgré l’évidente responsabilité de la politique du gouvernement dans la progression de l’extrême droite, beaucoup d’électeurs de gauche utiliseront le vote PS pour éviter le pire ; c’est encore plus vrai dans les cantons de l’Aude où le risque de l’élection de conseillers FN est patent.

Le vote à QUILLAN

Si du fait du redécoupage la comparaison est difficile avec les cantonales de 2007 et 2011, d’autant que le PCF s’était effacé au profit du PS sur QUILLAN, le résultat sur le chef lieu peut être rapproché de celui des municipales pour deux des listes, la liste AUDE et celle de l’UMP.

Avec moins de voix du fait d’une abstention plus importante, Pierre CASTEL et sa colistière retrouvent exactement le même pourcentage, 39%, qu’au premier tour des municipales. Le maire, élu l’an dernier grâce aux déchirements du PS, ne semble donc pas avoir amélioré son implantation personnelle, la droite se situant traditionnellement à ce niveau.

La liste AUDE recueille moins de voix – 139 contre 158 – que celle que conduisait Nadine L’HENORET, mais passe de 8,3 à 10,5%. Pas mal, mais sensiblement moins, comme déjà signalé, que le résultat sur le canton. Difficile de comparer avec les Européennes où la liste du Front de Gauche était en concurrence avec celle d’Europe Ecologie.

Avec 27,6% le parti socialiste obtient bien moins que les 35,5% de sa liste officielle aux municipales, le recul étant encore plus marqué si on prend en compte les 17% de la liste dissidente. On peut supposer qu’il paie encore le prix de ses divisions et que cela vient s’ajouter à la sanction de la politique du gouvernement.

Le phénomène nouveau est bien sûr l’apparition du Front National dans ce scrutin local, avec tout de même 300 voix et 22,7% sur la ville. On se doutait bien qu’il y en avait puisque le FN avait déjà obtenu 22,5% aux européennes ; cependant, même si on sait qu’à part un noyau dur qui ne vote jamais les abstentionnistes ne sont pas les mêmes d’une élection à l’autre, on peut se demander qui bénéficiait alors de leur suffrage en l’absence de candidats FN. Ce qui nous renvoie à l’indispensable analyse des ressorts de son enracinement.

Décryptons le discours du FN (1)

Classé dans : Antifascisme — 21 mars, 2015 @ 6:24

Marine à la pêche

Quels intérêts de classe derrière le Front National ?

 

Alors que Marine Le Pen ne cesse de fustiger le système « UMPS », c’est bien dans le système capitaliste que le FN se projette. Il affirme vouloir permettre à une fraction de la petite et moyenne  bourgeoisie, celle qui est « bien de chez nous », qui n’a pas accès au marché mondialisé dont elle subit les conséquences, de reprendre en main sa destinée. C’est la base électorale classique du FN, un petit patronat resté cantonné essentiellement à l’échelle nationale, qui peste contre l’ouverture des frontières, les impôts et taxes, les diktats de Bruxelles et réclame des mesures de « protectionnisme intelligent ».

Par ailleurs le FN capte par son discours « antisystème » et nationaliste, une partie des ouvriers, des employés et des paysans en colère qui ne voit pas à gauche, qu’elle soit réformiste, radicale ou extrême, d’alternative crédible à la crise systémique qu’ils subissent. Il suffit d’ouvrir les oreilles au bistro, sur les marchés, mais aussi au boulot et parfois dans nos familles pour se rendre compte des ravages de ce discours qui pointe la « concurrence » des délocalisations, des importations et des travailleurs immigrés comme la cause de tous nos maux, en occultant l’exploitation capitaliste. On ne doit pas prendre à la légère les tentatives des fascistes pour infiltrer les organisations syndicales, ni l’écho de propositions démagogiques (augmentation des bas salaires, des pensions et de l’APH) dont la réalisation est conditionnée par la préférence nationale et le contrôle des « assistés ». Combien de fois avons-nous entendu « si je m’appelais Mohammed j’aurais droit à tout » ?

C’est donc sur un programme utopique, passéiste, réactionnaire et xénophobe, qui défend une fraction en déclin de la bourgeoisie française, que le FN se fait passer pour « antisystème », qu’il propose non pas d’en finir avec l’exploitation capitaliste mais de la restreindre à nos « bourgeois de souche » dans le cadre national. Il développe également le vieux mythe corporatiste qui lie les intérêts des salariés à ceux de leur patron. Autant dire qu’entre le discours et la réalité, il y aura une facture que les travailleurs paieront cher, à travers les dévaluations et l’inflation et une baisse drastique des salaires. Et cela d’autant que les petites et moyennes entreprises familiales, tant vantées même à gauche, sont loin d’être des paradis sociaux !

C’est sur le terrain de la lutte de classe que ça va se jouer

Il est très probable que les scores du FN aux élections départementales soient très élevés et qu’il obtienne un nombre d’élus significatifs dans certains conseils généraux, sans pour autant que cela fasse faire la culbute au bipartisme qui reste à la tête des exécutifs départementaux. Il est très probable, également, qu’une grande partie des classes populaires n’ira pas voter les 22 et 29 mars prochains, dégoûtés par la politique anti-ouvrière du PS et des majorités locales qui ont gravité jusqu’à présent autour de lui et n’ayant pas davantage confiance dans la droite. Nous n’irons pas faire la morale aux abstentionnistes, pas plus que nous ne chercherons à dissuader ceux qui voteront malgré tout à gauche. D’autres, malheureusement, feront le choix de voter contre leur camp en optant pour le vote FN, le pire ennemi des travailleurs, et c’est ceux là que nous devons convaincre.
Alors que sur le terrain social, le contexte est marqué par des bagarres sur les salaires autour des Négociation Annuelles Obligatoires, c’est sur ce terrain, celui de la lutte de classe contre les politiques d’austérité, pour des augmentations de salaires, celui du combat contre la Loi Macron, qu’il sera possible de « faire barrage », de façon décisive, au FN qui s’alimente de la perte de repères et de l’absence de perspectives pour le monde du travail.

Ni 22 mars, ni 29 mars, donc, dans ce contexte, notre rendez-vous à nous, ce sera la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 9 avril à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU. Les directions syndicales l’ont convoquée tout autant pour faire face à cet appel d’air par en bas que pour redorer un tant soit peu le blason de la direction de Montreuil. C’est aussi pour cela que le 9 avril, pour les travailleurs, ne saurait être que « le premier tour », si nous voulons faire ravaler aux Valls, aux Sarkozy et aux le Pen, toutes leurs prétentions.

Dans les entreprises et dans la rue

Classé dans : Lutte des classes — 21 mars, 2015 @ 11:52

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Réussir le 9 avril et préparer le 10 !

CGT, FSU, FO et Solidaires appellent à une journée de grève et de manifestation le jeudi 9 avril. Même tardive, notamment après le passage en force du gouvernement sur la loi Macron avec l’utilisation du 49-3, elle peut permettre que s’exprime la colère contre les politiques gouvernementales et patronales.

Avec des discours dégoulinant de références à la République et à la France, Valls et le gouvernement s’appuient sur le développement organisé de la peur de l’étranger, de la peur de la relégation sociale que leur politique aggrave chaque jour, pour faire passer leurs régressions sociales.
C’est un véritable rouleau compresseur auxquels sont soumis droit du travail et protection sociale. Depuis les Pactes de responsabilité, de compétitivité, pas un mois sans de nouvelles attaques. La loi Macron n’est pas encore totalement validée que déjà sont annoncées une loi s’attaquant aux institutions représentatives du personnel, une loi de santé qui vise à réduire la santé publique et son financement à la portion congrue au bénéfice du privé. Et toujours la petite musique sur la « libération » du temps de travail et sur un contrat de travail pour salariéEs-kleenex…

Dans ce contexte, le climat social bénéficie d’un certain réchauffement. Nombreuses mobilisations sur les salaires à l’occasion des négociations annuelles obligatoires, luttes autour des conditions de travail dans la fonction publique hospitalière ou à La Poste, batailles contre les fermetures de sites et les licenciements… Et, enfin, la persistance de luttes dans des secteurs peu habitués aux mobilisations : palaces parisiens, restauration, entreprises du nettoyage, commerce, autant de secteurs où les salariéEs sont traditionnellement peu visibles, ou peu vus.

Nationaliser… les luttes

L’enjeu est de réussir à passer de ces mobilisations dispersées, éclatées voire isolées, à la construction d’un rapport de forces plus global autour d’enjeux nationaux. Cet objectif semble souvent inatteignable à une majorité de salariéEs. Les échecs répétés des mobilisations massives sur le Sécu, sur les retraites, développent un certain fatalisme, une certaine résignation. D’autant plus que, si la CFDT, la CFTC et la CGC affichent clairement leur soutien au gouvernement, la CGT, FO et Solidaires semblent, au mieux, en panne de stratégie, au pire accompagnant la résignation, voire d’une discrétion fleurant le refus de combattre pour la FSU… Pour la « nouvelle » direction de la CGT, la réussite de l’initiative est un point de passage obligé de sa consolidation, comme pour les structures qui se sont opposées à Lepaon en mêlant le plus souvent critiques sur le fonctionnement et sur une orientation basée sur le dialogue social.
Appuyée sur des grèves, l’appel à une manifestation nationale à Paris pourrait être un relais et une amplification des luttes en cours. Reste à lui donner un contenu. Le retrait de la loi Macron doit être clairement réaffirmé, mais nous devons aussi convaincre de la cohérence des politiques gouvernementale et patronale dont les conséquences concrètes sont l’aggravation des conditions de travail, le blocage des salaires, le tout sans impact « positif » sur le chômage, pourtant l’alibi de ces politiques.
Nous devons faire de cette journée le point de départ d’un retournement du rapport de forces en faveur des salariéEs, inscrire ce 9 avril dans le cadre des mobilisations existantes quelles que soient leur objet immédiat. En parallèle, il s’agit de favoriser les constructions unitaires, politiques, syndicales, type collectif 3A ou toutes autres configurations qui permettent de construire le 9 avril sur le plan local, de groupes ou de branches.

Verdir le capitalisme ?

Classé dans : Ecologie et socialisme — 21 mars, 2015 @ 11:35

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Nos divergences avec Europe Ecologie

Pour les élections départementales, Europe Ecologie a conclu des alliances à géométrie variable, parfois avec le parti socialiste, plus souvent avec le Front de Gauche comme dans l’Aude. Ce grand écart traduit les divergences au sein de l’équipe dirigeante, certains n’ayant pas avalé la sortie du gouvernement ; depuis le début du parti Vert la lutte des places occupe une place centrale dans les débats. Quant au bilan des expériences gouvernementales, on ne peut pas dire que la présence de ministres EELV ait fait beaucoup progresser les grands dossiers écologiques, à commencer par les choix énergétiques.

Ce que nous constatons en revanche c’est que le « programme commun » entre EELV et Nouvelle Donne d’une part, le Front de Gauche de l’autre, éloigne ce dernier de toute remise en cause du capitalisme, le mot ne figurant même pas dans les professions de foi. La lutte des classes a disparu, elle est remplacée par le « vivre ensemble ». Le prolétariat est dissous dans la citoyenneté. Contrairement à SYRIZA dont les candidat€s revendiquent l’exemple, les professions de foi restent très locales, muettes sur les salaires, les retraites et les conditions de travail (souvent dégradées dans les « entreprises locales » où les syndicats sont prohibés). C’est une grave erreur qui ouvre un boulevard à la démagogie du Front National.

Même si nous côtoyons des militants écologistes dans certaines luttes sociales et démocratiques et si nous nous retrouvons notamment contre le racisme et l’islamophobie, nous avons un peu de mal à oublier l’épisode du 29 mai 2005. En contradiction évidente avec ses préoccupations sociales proclamées, le parti des Verts a mené une campagne active pour le OUI au traité constitutionnel européen voulu par la droite et par le PS ; dans le même temps les militants de gauche constituaient des collectifs, décortiquaient et expliquaient ce projet libéral jusqu’à convaincre au final et faire triompher le NON.

Rappeler ce désaccord, ainsi que l’approbation par les mêmes du retour par la fenêtre d’un projet que nous avions mis à la porte, ça n’est pas vouloir régler des comptes. C’est souligner que EELV, certes avec de multiples guillemets et condamnations du « tout libéral », s’inscrit dans une construction européenne qui ne présente aucun avantage pour les peuples. C’est cohérent avec l’illusion du possible capitalisme vert et régulé par les institutions politiques. Ce n’est pas une divergence marginale : l’Union européenne est une machine de guerre au service des capitalistes, le chef d’orchestre des attaques contre les acquis sociaux. Pour être positives, les directives protégeant les oiseaux migrateurs ne compensent pas celles qui ouvrent au privé les services publics et la protection sociale complémentaire !

En concluant cette alliance électorale avec une formation qui ne remet pas en cause le système capitaliste, le PCF et le Front de Gauche pensent sans doute dessiner les contours d’une future gauche plurielle. Il n’est pas sûr que ce soit électoralement payant. Nous ne nous sentons pas obligés de bénir cette union de la carpe et du lapin. 

La leçon de Grec

Classé dans : L'internationale — 21 mars, 2015 @ 11:17

Grèce

Solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs.

Non au diktat du 20 février, annulation de la dette

Résolution adoptée par le Conseil politique national du NPA de mars 2015.

Le rejet des politiques d’austérité imposées au peuple grec par la troïka et la bourgeoisie grecque s’est traduit lors des élections du 25 janvier par la déroute des partis qui s’en étaient faits les agents serviles et par la victoire de Syriza puis la formation d’un gouvernement sous la présidence d’Alexis Tsipras.

Il s’agit là d’un tournant important dans la crise chronique que connaît l’Union européenne sous la pression des politiques mises en place par les différents États sous la houlette de la commission européenne et du FMI.

Le peuple grec impose un débat au niveau de l’Europe contestant la légitimité des politiques européennes et de la dette. Il l’impose au niveau des institutions européennes mais aussi au sein du mouvement ouvrier, syndical et politique.

La confrontation entre l’Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro), le gouvernement Tsipras, les travailleurs et les classes populaires grecs est un enjeu et une expérience pour l’ensemble des travailleurs et classes populaires des pays de l’Union européenne et au-delà.

Elle pose une question fondamentale : est-il possible d’en finir avec l’austérité sans remettre en cause les institutions politiques et financières de l’Union européennes, l’Europe du capital, sans contester la dette et la propriété privée capitaliste ?

Un nouveau diktat de la Troïka, un renoncement majeur

Tous les responsables de l’Union européenne, du ministre des finances allemand au président de l’Eurogroupe en passant par le président de la Commission européenne et sans oublier les représentants du gouvernement français, ont martelé que les élections ne peuvent pas changer les traités.

Dans cette confrontation entre le nouveau gouvernement grec et les principales puissances de la vieille Europe, un premier acte s’est achevé fin février, avec l’annonce de l’accord signé entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe le 20 février, et les engagements du gouvernement grec présentés et approuvés par l’Union européenne le 24 février. Contrairement aux illusions répandues par la direction de Syriza et le gouvernement Tsipras, les gouvernements de l’UE – français et italien compris – se sont montrés unis à la position allemande et inflexibles : pas question de laisser ouvrir la moindre brèche dans les politiques d’austérité au service des multinationales et de la finance globalisée !

Résultat d’un ignoble chantage, l’accord du 20 février constitue clairement une agression politique contre le peuple grec mais aussi contre ceux de toute l’Europe. Sous couvert de prolonger l’« aide financière » à la Grèce pour les quatre mois à venir, il maintient le règne de la troïka (rebaptisée pour l’occasion « institutions »), interdit au gouvernement grec toute mesure unilatérale, autant dire toute indépendance politique, et l’engage à rembourser intégralement la dette. Le gouvernement s’engage en outre à ne pas augmenter la masse salariale du secteur public, à introduire les pratiques managériales fondées sur le mérite dans le secteur public, à ne revenir sur aucune privatisation, à flexibiliser le marché du travail.

Il aura donc fallu moins d’un mois pour qu’apparaissent en pleine lumière les obstacles contre lesquels butera immanquablement tout gouvernement prétendant rompre avec l’austérité, même sur la base d’un programme minimal, s’il refuse d’engager une rupture avec les institutions du capital européen en inscrivant sa politique dans la perspective d’une Europe des travailleurs et des peuples.

Dire les choses telles qu’elles sont

L’exercice auquel s’est livré Tsipras, affirmant avoir « gagné une bataille », paraît fonctionner pour l’instant, mais son efficacité se heurtera rapidement à l’épreuve des faits. Le peuple grec risque fort de se détourner de Syriza si le parti ne respecte pas ses engagements électoraux, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique, avec le risque – assumé implicitement par l’Union européenne, mais aussi par les gouvernements français et allemand – qu’Aube dorée sorte renforcé de ce qui serait une défaite pour le monde du travail. Seule la mobilisation populaire sera capable de contraindre le gouvernement à rompre son accord avec la Troïka afin d’imposer la rupture avec l’austérité

Cela suppose d’assumer l’affrontement avec les institutions européennes et la bourgeoisie grecque pour imposer le refus de payer la dette, son annulation (et non sa « restructuration »), condition nécessaire pour sortir de l’austérité et de la régression sociale.

Les pressions – présentes et à venir – de la BCE ainsi que la fuite des capitaux exigent la réquisition de la banque centrale grecque, la socialisation intégrale du système bancaire grec pour créer un monopole public bancaire capable de contrôler des mouvements de capitaux et de mettre en œuvre une politique répondant aux besoins de la population.

Etre solidaire du peuple grec, c’est dire la vérité : la stratégie consistant à négocier avec des institutions représentant les intérêts du capital, en renonçant par avance à toute initiative unilatérale, ne peut aboutir qu’à la défaite, au statu quo et au désespoir.

Rien n’est joué, la lutte continue

L’accord gouvernemental avec la droite souverainiste d’ANEL, l’élection d’un Président de la République de droite, les reculs inclus dans l’accord avec la Troïka indiquent clairement les limites du gouvernement Tsipras et à quel point les travailleurs ne doivent compter que sur eux mêmes.

Mais son recul, son renoncement majeur ne sont pas la fin de la bataille, encore moins de la guerre engagée au niveau européen entre les classes dominantes et les peuples. De nouvelles négociations vont s’engager, avec des rebondissements toujours possibles. D’autant que les dernières décisions de Tsipras ont provoqué des remous importants. Certaines composantes de Syriza ont pris position contre l’accord avec Bruxelles. C’est le cas de DEA, la Gauche ouvrière internationaliste. C’est aussi le cas de Manolis Glezos, héros de la résistance grecque et député européen. Sur un ton plus modéré, Costas Lapavitsas, économiste et député de Syriza, ainsi que Panayotis Lafazanis, ministre du Redressement productif et chef de file du plus important courant de la gauche de Syriza (le « Courant de gauche »), ont exprimé des réserves. 41% du Comité central de Syriza a contesté l’accord avec l’Eurogroupe

C’est le cas aussi des forces anticapitalistes et révolutionnaires regroupées dans Antarsya ainsi que du KKE et sa fraction syndicale PAME bien que le sectarisme de ces derniers soit un obstacle au développement de la mobilisation.

Cette opposition est décisive car, si le gouvernement reste plus que jamais soutenu par le peuple grec, son crédit risque de s’effriter à mesure que s’approfondira dans les prochains mois la contradiction entre les mesures d’urgence mises en avant durant la campagne et l’acceptation du cadre européen de négociations, qui exclut toute politique au service des travailleurs et des populations.

Notre solidarité

La lutte du peuple grec est notre bataille, elle est celle de toute la classe ouvrière des pays de l’Union européenne.

Les capitalistes sont unis au niveau européen et mondial, nous devons y opposer l’unité de celles et ceux qui ne supportent plus les effets de l’offensive capitaliste.

Face aux agressions de l’UE contre la Grèce, nous défendons l’annulation de la dette supposément due par la Grèce : en particulier, celle des 42 milliards d’euros de créances que le gouvernement français détient. Et si quelqu’un doit payer, ce ne sont pas  « tous les Français » comme le prétend la propagande gouvernementale et réactionnaire, selon laquelle nous devrions « tous » déverser 700 euros en cas de défaut de la Grèce… Ce sont nos banques multinationales et multimilliardaire, qui se sont engraissées sur le dos du peuple grec comme de ceux de toute l’Europe, et face à leur crise ont été « sauvées » grâce aux fond publics.

Notre solidarité est d’abord notre propre lutte contre les politiques d’austérité, en premier lieu pour le rejet de la loi Macron. C’est œuvrer au succès de la journée du 9 avril et militer pour en faire un premier moment de rassemblement des forces du monde du travail pour affronter le gouvernement PS-Medef, modifier les rapports de forces.

Notre solidarité c’est aussi participer à toutes les initiatives de soutien au peuple grec contre la troïka et le FMI, à la constitution de comités unitaires sans apporter de soutien à la politique au gouvernement Tsipras, à l’établissement de liens concrets avec les secteurs en lutte en Grèce comme le fait la campagne « Solidarité France Grèce pour la santéé. C’est animer et porter le débat politique dans nos organisations syndicales, associatives, sur nos lieux de travail et d’habitation, dans la jeunesse pour y défendre la perspective d’une rupture avec les politique d’austérité par l’annulation de la dette, la mise en place d’un monopole public bancaire, la nationalisation sous contrôle des travailleurs des entreprises stratégiques, la rupture avec les politiques menées en faveur du patronat par les gouvernements de gauche comme de droite qui se succèdent au pouvoir et dans la perspective d’une Europe socialiste des travailleurs et des peuples.

En Grèce s’est ouverte une brèche, à nous de l’élargir.

Fascisme rural

Classé dans : Dans nos campagnes — 21 mars, 2015 @ 10:59

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Le retour des chemises vertes ?

 

Si on connaît l’affection du maréchal Pétain pour la ruralité, pour « la terre qui ne ment pas », proclamée dans le discours du 25 juin 1940 (en fait rédigé par l’écrivain Emmanuel Berl, qui s’éloigna rapidement du régime de Vichy), on connaît moins la tentative d’organiser, dans la France des années 30, un mouvement fasciste paysan.

   Les Comités de défense paysanne, vite rebaptisés « chemises vertes » en raison de la couleur de leur uniforme, furent crées en 1934, l’année où les ligues fascistes se lancèrent à l’assaut de l’assemblée nationale par Henri DORGERES, de son vrai nom Henri-Auguste d’HALLUIN ; l’allusion aux chemises noires de Mussolini est transparente. DORGERES reprenait également du Duce son programme d’état totalitaire et corporatiste, assorti d’une apologie du retour à la terre et d’une démagogie sur l’égalité entre les campagnes et les villes, vite transformée en dénonciation de ces salauds d’ouvriers et d’employés favorisés par le Front populaire.

On oublie souvent que les premières actions des fascistes italiens – la paysannerie était largement majoritaire dans la péninsule – mobilisèrent les squadristi dans les zones rurales pour briser, au service des propriétaires fonciers, les grèves des journaliers agricoles. C’est ainsi que, notamment dans la vallée du Pô, les chemises noires se firent la main avant de s’attaquer aux ouvriers des villes et à leurs syndicats.

Le modèle n’a pas pris en France, les chemises vertes n’ayant guère essaimé au-delà du nord et de l’ouest du pays avant de se fondre dans le Front Paysan qui fournit quelques cadres à la Corporation paysanne du régime de Vichy ; certains, dont Henri DORGERES, rejoignirent par la suite le Poujadisme. Leur brève existence donna cependant lieu à quelques manifestations de violence contre les salariés en lutte, à des grèves de l’impôt, à des piquets s’opposant aux saisies.

Quel rapport avec la situation actuelle ?

La population de nos villages n’est nullement vaccinée contre la tentation de l’extrême droite, et malheureusement le résultat des élections départementales risque encore de le montrer. Il faudra cesser de se voiler la face et tenter de comprendre les ressorts de l’influence grandissante du Front National, si nous voulons l’affronter autrement que par des incantations. Au lendemain des élections nous devrons constituer des collectifs antifascistes, étudier la propagande du FN pour mieux combattre son emprise sur les classes populaires.

Mais il n’y a pas que dans les urnes qu’on retrouve l’extrême droite. Ces derniers temps de nombreuses manifestations de violence, contre les opposants au barrage de Sivens mais aussi contre des camionneurs espagnols, contre les véhicules et parfois la personne de contrôleurs, contre des bâtiments publics, ont été le fait de véritables milices paysannes parfois renforcées par des non agriculteurs. A Sivens, les partisans du barrage qui paradaient sans se cacher avec des gourdins (dont le port qualifié d’armes par destination aurait conduit en correctionnelle des manifestants ouvriers ou étudiants) ont reçu le soutien sur place de candidats du Front National. L’évidente complicité de la gendarmerie locale montre que celle-ci est également infiltrée.

Dans certains cas la FDSEA et le CDJA sont organisateurs, les structures locales qui débordent un peu le cadre légal étant gentiment appelées au calme par des instances nationales plutôt compréhensives. Dans d’autres elles sont débordées par les activistes violents qu’elles se gardent de condamner. Dans tous les cas il s’agit d’instrumentaliser les difficultés bien réelles et les inquiétudes légitimes, notamment à propos de la politique agricole commune, au service des visées réactionnaires des agrariens défenseurs du productivisme. Partout le Front National est en embuscade, dénonçant la soumission de l’UMPS à la politique de Bruxelles, revendiquant sans vergogne des services publics de proximité et la défense de la ruralité.

Et si l’opposition des travailleurs des campagnes à ceux des villes (aujourd’hui très majoritaires) ne prend évidemment pas la même forme que dans les années trente, on a vu ces dernières années des agriculteurs mobilisés contre des salariés en lutte dans les laiteries et les entreprises de l’agroalimentaire.

Santé

Classé dans : Egalité! — 21 mars, 2015 @ 10:42

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Contre le libéralisme médical, soutenons la généralisation du tiers payant

 

Dimanche 15 mars, les médecins libéraux, étudiants en médecine, chirurgiens-dentistes et patrons de cliniques privées sont descendus dans la rue pour exiger le retrait du projet de loi de santé présenté par Marisol Touraine, dénonçant sans rire le risque d’une étatisation du système de santé. En fait ils défendent l’exercice commercial de la médecine, la main mise des intérêts privés sur notre santé. En effet si la loi, au travers de l’action des agences régionales de santé, renforce effectivement le pouvoir de l’état comme administrateur du système de soin, c’est pour mieux le mettre au service des intérêts privés au travers des « groupements hospitaliers de territoires ». Nous combattons cette loi qui s’inscrit dans la continuité de la loi Bachelot, mais bien sûr notre opposition ne s’inscrit pas sur le même terrain que celle des médecins réactionnaires.

Pour le gouvernement, plus enclin à céder du terrain face aux revendications patronales qu’à satisfaire les revendications ouvrières et populaires, cette opposition frontale, réactionnaire jusqu’à la caricature, est pain béni. Elle lui donne un vernis de gauche, ainsi qu’à une réforme pourtant purement libérale dans son contenu, avec poursuite de la privatisation bien réelle qui passe notamment par le démantèlement et l’asphyxie financière de l’hôpital public et des centres de santé. Toujours à plat ventre devant le lobby de la médecine libérale, le même gouvernement s’est montré incapable d’interdire la scandaleuse pratique des dépassements d’honoraires, prétendant seulement l’encadrer.

Contre le refus des médecins qui préfèrent la carte bancaire à la carte vitale, nous défendons l’extension du « Tiers Payant » qui permettrait au malade de ne plus faire l’avance des frais de consultation, avance dont on connaît la responsabilité dans le renoncement aux soins. Les toubibs qui n’ont pas hésité à « prendre leurs patients en otages » sans que les médias ne s’en indignent ont, pour ceux d’entre eux qui s’inquiétaient seulement de la lourdeur d’un travail administratif supplémentaire, été manipulés par les syndicats de droite. Cependant les propos de beaucoup de manifestants qui dénonçaient la « déresponsabilisation » des patients qui n’auraient plus à mettre la main à la poche sont totalement réactionnaires et rappellent fâcheusement la stigmatisation des « assistés ». De quoi nous inciter à faire entrer ce critère social dans notre libre choix du médecin…

Conseil général

Classé dans : Billet d'humeur — 21 mars, 2015 @ 10:32

socialistes

Hervé BARO prétend que le département est renforcé par la réforme territoriale !

 

Le magazine du conseil général de l’Aude vante systématiquement la politique de la majorité départementale. Comment les rédacteurs de « Perspectives » allaient-ils réagir face à une réforme territoriale qui, à la veille des élections, laisse dans le flou les compétences comme les financements du département « réformé », sans oublier que la suppression de cet échelon reste dans les cartons de l’actuel gouvernement comme de la droite ? 

La lecture des tribunes des groupes politiques est toujours édifiante. Dans le magazine de mars, l’UMP Robert DEJEAN, qui appelle logiquement de ses vœux la défaite du PS, souligne ces incertitudes en oubliant que la réforme territoriale du gouvernement ne diffère guère des projets de SARKOZY. Ses préoccupations « sociales » se manifestent dans la dénonciation du nombre, à ses yeux excessif, des agents territoriaux ; on peut supposer que la droite, si elle devient majoritaire dans l’Aude, contribuera à la lutte contre le chômage en supprimant des centaines d’emplois qui contribuent au service public, aggravant ainsi les réductions d’effectifs planifiées par le gouvernement.

Hervé BARO, socialiste et porte-plume du groupe de la majorité départementale se réjouit en revanche de la nouvelle organisation territoriale qui aboutit selon lui à un « département renforcé dans ses compétences et ses prérogatives », avec au passage un curieux hommage à la loi RAFFARIN de 2004. Les élus PS ont avalé d’autres couleuvres, dont la suppression de la région Languedoc-Roussillon qu’ils prétendaient pourtant défendre avec une pétition en ligne sur le site du conseil régional. On suppose que « nos » députés ont obtenu quelques contreparties… pour eux. On note aussi que les candidats socialistes aux départementales se gardent bien d’afficher leur soutien à Hollande et Valls, ils se réclament de la majorité départementale, à se demander si Francis SAVY est toujours au PS. Il est vrai que Pierre Castel ne revendique pas davantage son appartenance à l’UMP. Les deux cherchent à gommer la portée nationale de ce scrutin, ce qui risque malheureusement de profiter au FN.

Un petit doute : cette apologie de la réforme territoriale est elle partagée par tous les conseillers qui s’inscrivent dans la majorité départementale (bien que les candidats PS se réservent cet intitulé pour les élections) ? Le groupe majoritaire compte en effet, sous la houlette du parti socialiste, deux élus PCF, Alain MARCAILLOU (vice président du CG) et Gilbert PLA, un élu EELV, Stéphane LINIOU, et plus surprenant encore Eliane SCHIVARDI, du POI, qui cette fois fait liste commune avec un « déçu du PS ». On peut espérer qu’ils ne sont pas d’accord avec une réforme qui vise entre autre à instaurer le bipartisme et risque fort de les priver de leur mandat, mais pas au point sans doute de quitter le groupe majoritaire. Leur voix n’a pas fait défaut à André VIOLA lors du vote du budget 2015…

Cette politique du cul entre deux chaises fait sans doute que les listes AUDE – Alternative, Union, Démocratie, Ecologie – qui associent dans notre département les composantes du Front de Gauche aux formations pas franchement anticapitalistes et plutôt éloignées du mouvement ouvrier que sont Europe Ecologie Les Verts et le conglomérat Nouvelle Donne, se gardent bien, dans les tracts et professions de foi, de toute critique en règle de ce que fut l’action du conseil général ces dernières années. Quant à la liste autonome du PCF sur Limoux, soutenue semble-t-il par la fédération de l’Aude contre celle du Front de Gauche, elle a une robuste tradition d’allégeance au PS.

Si le social libéralisme fait l’objet de dénonciations véhémentes cela reste verbal : le refus de poursuivre la collaboration avec l’exécutif PS au niveau départemental, pour ne rien dire de la future région, n’est nullement affirmé ; on ignore les possibles accords de second tour. Le  « socialisme local » est-il plus fréquentable et moins « austéritaire » ?

Allez, au boulot

Classé dans : NPA — 21 mars, 2015 @ 10:05

NPA HAUTE VALLE DE L'AUDE

Le blog du NPA est reparti

 

 

 

Nous n’avons pas été très bons. Nous avons délaissé pendant plus de deux mois un blog pourtant bien visité. Certes nous avons tous d’autres activités militantes, mais ça n’est pas l’unique raison. A vrai dire nous étions en panne ; pas d’inspiration car l’actualité sociale et politique a été dense, mais nous avions besoin de réfléchir sur le rôle de ce blog, sur l’équilibre des pages publiées entre informations et prises de positions locales et positionnement national.

Nous avons regardé ce que font nos camarades des autres départements, notamment ceux de l’Ariège voisine avec lesquels nous travaillons étroitement. Nous n’allions tout de même pas être en reste !

Gardarem lo tren !

Classé dans : Services publics — 19 décembre, 2014 @ 8:47

Contre la fermeture du guichet de la gare de Quillan…

la mobilisation continue !!

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La manifestation du 15 novembre dernier à Quillan, à l’appel du syndicat CGT des Cheminots, fut une réussite où près de 200 personnes se sont rassemblées pour s’opposer à la fermeture du guichet de la gare de Quillan. La mobilisation continue !!

 

L’Association du maintien de la Ligne Ferroviaire Carcassonne-Quillan (ALF) vous invite à participer à un rassemblement

Ce Dimanche 21 décembre 2014, 14h30 devant la Gare de Quillan

Sauvons la gare de Quillan !

Classé dans : Services publics — 12 novembre, 2014 @ 7:31

 

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La mobilisation s’amplifie contre la fermeture de la gare de Quillan.

Rassemblement samedi 15 novembre à 11 heures devant la gare.

La photo illustrant cet article est tirée de l’Indépendant

La gare de Quillan ne doit pas fermer. Cette exigence, portée par la CGT qui appelle à un rassemblement ce samedi 15 novembre à 11 heures devant la gare, ainsi que par l’ALF, l’association de défense de la ligne ferroviaire Carcassonne – Quillan, rencontre un large écho dans la population ; en témoignent les 5.000 silgnatures recueillies sur la pétition de l’ALF comme les réactions recueillies par les militants syndicaux et associatifs lors des diffusions de tracts. Il faut dire que les articles publiés par la Dépêche et par l’Indépendant (auquel nous empruntons une photo de la conférence de presse à l’UL CGT) ont bien relayé ‘information.

Pas question de laisser faire ; la Haute Vallée a déjà payé un trop lourd tribut à la casse industrielle comme à celle des services publics. C’est pourquoi la résignation n’est pas de mise, une forte mobilisation samedi matin ne suffira sans doute pas mais permettra d’impulser d’autres actions pour éviter l’irréparable, la fermeture du guichet n’étant, comme nous le savons tous, qu’une étape vers la suppression de la ligne.

A juste titre le tract du syndicat des cheminots et de l’union départementale CGT ne se contente pas de défendre l’existant ; améliorer et reconquérir des services publics de proximité déjà bien dégradés est la condition de leur maintien. On constate en effet que les décisions de fermeture, qu’il s’agisse de gares ou de bureaux de postes, sont toujours précédés d’un véritable sabotage ; on réduit les heures d’ouverture au public puis on constate qu’il n’y a pas assez d’affluence et on tire prétexte de ce manque de « rentabilité ». Voir les articles déjà publiés sur ce blog au mois de juin.

Ce jeudi 13 novembre les cinq parlementaires audois et le président du conseil général, tous membres du PS, seront reçus au ministère des Transports, accompagnés… des 5.000 pétitions. Ils vont donc défendre des services publics qui sont malmenés par une politique gouvernementale qu’ils soutiennent de leurs votes, entre autre la « réforme » de la SNCF. Un grand écart qui ne les empêche pas de dormir mais qu’importe, avec la vraie droite ou la fausse gauche au pouvoir nous sommes habitués à ce genre de gymnastique. Dans la version optimiste nous dirons que c’est parce qu’ils sentent monter la pression qu’ils interviennent.

Ce n’est pas l’essentiel. Notre objectif est de conserver la gare. Nous y parviendrons si la mobilisation est assez forte, et nous ferons ainsi la preuve qu’il est possible de ne pas subir les décisions négatives qui impactent notre vie quotidienne. Réussir le rassemblement de samedi sera aussi notre contribution locale aux mobilisations unitaires antilibérales du 15 novembre, contre le budget d’austérité qui étouffe les services publics et la protection sociale. Et au delà penser sérieusement à relancer un collectif unitaire de défense des services publics dans la Haute Vallée.

Marxisme

Classé dans : Billet d'humeur — 3 novembre, 2014 @ 3:37

La révolution détail 1937

Illustration : tableau de Marc Chagall représentant Lénine faisant l’arbre droit

« Financiarisation de l’économie » présentée par un spécialiste

 

  « Autrefois modestes intermédiaires, elles (les banques) détiennent aujourd’hui le monopole du capital financier. Trois à cinq grosses banques, dans n’importe quel des pays capitalistes les plus avancés, ont réalisé l’union personnelle du capital industriel et du capital bancaire et concentré entre leurs mains des milliards et des milliards représentant la plus grande partie des capitaux et des revenus en argent de tout le pays. Une oligarchie financière qui enveloppe d’un réseau serré de rapports de dépendance toutes les institutions économiques et politiques sans exception de la société bourgeoise d’aujourd’hui : telle est la manifestation la plus éclatante de ce monopole. »

Ces lignes n’ont pas été rédigées récemment par un « économiste atterré », adhérent d’ATTAC et électeur du front de gauche. La « financiarisation de l’économie » a été ainsi décrite et analysée dans une brochure publiée en 1916 sous le titre « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » par un certain Vladimir Oulianov, dit Lénine. L’auteur fait lui-même référence à un livre datant de 1910, « Le capital financier », de l’austro-marxiste Rudolf Hilferding, dont il cite : « Une part toujours croissante du capital industriel n’appartient pas aux industriels qui l’utilisent. Ces derniers n’en obtiennent la disposition que par le canal de la banque, qui est pour eux le représentant des propriétaires de ce capital ». Ces propriétaires du capital ce sont les actionnaires, les « tondeurs de coupon » comme on disait voilà encore quelques décennies.

Et Lénine d’insister : « Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production ; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif ; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes de capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière ; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement puissants par rapport à tous les autres. »

S’appuyant sur les écrits de l’économiste allemand Otto Jeidels, Lénine estime que c’est dans les toutes dernières années du XIX° siècle que s’est imposée cette   »suprématie du capital financier sur toutes les autres formes de capital. »  La financiarisation de l’économie remonte donc à plus d’un siècle. D’où vient que certains ne la découvrent avec horreur qu’aujourd’hui ? C’est surprenant de la part de militants du PCF dont au moins les cadres ont eu l’occasion de lire les classiques du marxisme.

Nous hasarderons une hypothèse. Là où Lénine montre la forme achevée du capitalisme, les réformistes préfèrent n’en voir qu’une récente déviation provoquée par l’idéologie mauvaise du libéralisme ; d’où leur insistance à opposer avec un brin de nostalgie un « bon » capitalisme industriel à un « mauvais » capitalisme financier et à préconiser la « régulation » plutôt que la révolution.  

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