Révolutionnaires !

NPA haute vallée de l'Aude

Marxisme

Classé dans : Billet d'humeur — 3 novembre 2014 @ 15 h 37 min

La révolution détail 1937

Illustration : tableau de Marc Chagall représentant Lénine faisant l’arbre droit

« Financiarisation de l’économie » présentée par un spécialiste

 

  « Autrefois modestes intermédiaires, elles (les banques) détiennent aujourd’hui le monopole du capital financier. Trois à cinq grosses banques, dans n’importe quel des pays capitalistes les plus avancés, ont réalisé l’union personnelle du capital industriel et du capital bancaire et concentré entre leurs mains des milliards et des milliards représentant la plus grande partie des capitaux et des revenus en argent de tout le pays. Une oligarchie financière qui enveloppe d’un réseau serré de rapports de dépendance toutes les institutions économiques et politiques sans exception de la société bourgeoise d’aujourd’hui : telle est la manifestation la plus éclatante de ce monopole. »

Ces lignes n’ont pas été rédigées récemment par un « économiste atterré », adhérent d’ATTAC et électeur du front de gauche. La « financiarisation de l’économie » a été ainsi décrite et analysée dans une brochure publiée en 1916 sous le titre « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme » par un certain Vladimir Oulianov, dit Lénine. L’auteur fait lui-même référence à un livre datant de 1910, « Le capital financier », de l’austro-marxiste Rudolf Hilferding, dont il cite : « Une part toujours croissante du capital industriel n’appartient pas aux industriels qui l’utilisent. Ces derniers n’en obtiennent la disposition que par le canal de la banque, qui est pour eux le représentant des propriétaires de ce capital ». Ces propriétaires du capital ce sont les actionnaires, les « tondeurs de coupon » comme on disait voilà encore quelques décennies.

Et Lénine d’insister : « Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production ; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif ; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes de capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière ; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement puissants par rapport à tous les autres. »

S’appuyant sur les écrits de l’économiste allemand Otto Jeidels, Lénine estime que c’est dans les toutes dernières années du XIX° siècle que s’est imposée cette   »suprématie du capital financier sur toutes les autres formes de capital. »  La financiarisation de l’économie remonte donc à plus d’un siècle. D’où vient que certains ne la découvrent avec horreur qu’aujourd’hui ? C’est surprenant de la part de militants du PCF dont au moins les cadres ont eu l’occasion de lire les classiques du marxisme.

Nous hasarderons une hypothèse. Là où Lénine montre la forme achevée du capitalisme, les réformistes préfèrent n’en voir qu’une récente déviation provoquée par l’idéologie mauvaise du libéralisme ; d’où leur insistance à opposer avec un brin de nostalgie un « bon » capitalisme industriel à un « mauvais » capitalisme financier et à préconiser la « régulation » plutôt que la révolution.  

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Blog du niveau intermédiaire |
ALG- Officiel |
Lerenouveaudebreuilpont |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | GRAND DEBT AUDO
| Perjalanana8
| Turlupinade