Révolutionnaires !

NPA haute vallée de l'Aude

Décryptons le discours du FN (1)

Classé dans : Antifascisme — 21 mars 2015 @ 18 h 24 min

Marine à la pêche

Quels intérêts de classe derrière le Front National ?

 

Alors que Marine Le Pen ne cesse de fustiger le système « UMPS », c’est bien dans le système capitaliste que le FN se projette. Il affirme vouloir permettre à une fraction de la petite et moyenne  bourgeoisie, celle qui est « bien de chez nous », qui n’a pas accès au marché mondialisé dont elle subit les conséquences, de reprendre en main sa destinée. C’est la base électorale classique du FN, un petit patronat resté cantonné essentiellement à l’échelle nationale, qui peste contre l’ouverture des frontières, les impôts et taxes, les diktats de Bruxelles et réclame des mesures de « protectionnisme intelligent ».

Par ailleurs le FN capte par son discours « antisystème » et nationaliste, une partie des ouvriers, des employés et des paysans en colère qui ne voit pas à gauche, qu’elle soit réformiste, radicale ou extrême, d’alternative crédible à la crise systémique qu’ils subissent. Il suffit d’ouvrir les oreilles au bistro, sur les marchés, mais aussi au boulot et parfois dans nos familles pour se rendre compte des ravages de ce discours qui pointe la « concurrence » des délocalisations, des importations et des travailleurs immigrés comme la cause de tous nos maux, en occultant l’exploitation capitaliste. On ne doit pas prendre à la légère les tentatives des fascistes pour infiltrer les organisations syndicales, ni l’écho de propositions démagogiques (augmentation des bas salaires, des pensions et de l’APH) dont la réalisation est conditionnée par la préférence nationale et le contrôle des « assistés ». Combien de fois avons-nous entendu « si je m’appelais Mohammed j’aurais droit à tout » ?

C’est donc sur un programme utopique, passéiste, réactionnaire et xénophobe, qui défend une fraction en déclin de la bourgeoisie française, que le FN se fait passer pour « antisystème », qu’il propose non pas d’en finir avec l’exploitation capitaliste mais de la restreindre à nos « bourgeois de souche » dans le cadre national. Il développe également le vieux mythe corporatiste qui lie les intérêts des salariés à ceux de leur patron. Autant dire qu’entre le discours et la réalité, il y aura une facture que les travailleurs paieront cher, à travers les dévaluations et l’inflation et une baisse drastique des salaires. Et cela d’autant que les petites et moyennes entreprises familiales, tant vantées même à gauche, sont loin d’être des paradis sociaux !

C’est sur le terrain de la lutte de classe que ça va se jouer

Il est très probable que les scores du FN aux élections départementales soient très élevés et qu’il obtienne un nombre d’élus significatifs dans certains conseils généraux, sans pour autant que cela fasse faire la culbute au bipartisme qui reste à la tête des exécutifs départementaux. Il est très probable, également, qu’une grande partie des classes populaires n’ira pas voter les 22 et 29 mars prochains, dégoûtés par la politique anti-ouvrière du PS et des majorités locales qui ont gravité jusqu’à présent autour de lui et n’ayant pas davantage confiance dans la droite. Nous n’irons pas faire la morale aux abstentionnistes, pas plus que nous ne chercherons à dissuader ceux qui voteront malgré tout à gauche. D’autres, malheureusement, feront le choix de voter contre leur camp en optant pour le vote FN, le pire ennemi des travailleurs, et c’est ceux là que nous devons convaincre.
Alors que sur le terrain social, le contexte est marqué par des bagarres sur les salaires autour des Négociation Annuelles Obligatoires, c’est sur ce terrain, celui de la lutte de classe contre les politiques d’austérité, pour des augmentations de salaires, celui du combat contre la Loi Macron, qu’il sera possible de « faire barrage », de façon décisive, au FN qui s’alimente de la perte de repères et de l’absence de perspectives pour le monde du travail.

Ni 22 mars, ni 29 mars, donc, dans ce contexte, notre rendez-vous à nous, ce sera la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 9 avril à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU. Les directions syndicales l’ont convoquée tout autant pour faire face à cet appel d’air par en bas que pour redorer un tant soit peu le blason de la direction de Montreuil. C’est aussi pour cela que le 9 avril, pour les travailleurs, ne saurait être que « le premier tour », si nous voulons faire ravaler aux Valls, aux Sarkozy et aux le Pen, toutes leurs prétentions.

Un commentaire »

  1. Petit Paul dit :

    Le FN ne dénonce pas le capitalisme mais seulement la mondialisation capitaliste et la finance. Le problème est qu’une partie de la gauche dite radicale se situe sur le même terrain de la nostalgie des trente glorieuses et pense qu’on peut contrôler et verdir la capitalisme, ce qui ne permet pas de clarifier. Cet article a le mérite de montrer que le FN ne se contente pas de stigmatiser des boucs émissaires, il a un programme réactionnaire au sens premier du terme, qui séduit du monde.

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