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NPA haute vallée de l'Aude

Archive pour la catégorie 'Antifascisme'

Second tour des cantonales

Posté : 27 mars, 2015 @ 12:53 dans Antifascisme | Pas de commentaires »

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La bête immonde qui monte…

 

Laissons pisser les petites querelles sur l’étiquette attribuée par le ministère de l’intérieur aux différents binômes de candidats et sur le score attribué à chaque parti dans le cadre d’alliances à géométrie variable ; ainsi dans notre canton il n’est pas facile de savoir quel pourcentage des suffrages qui se sont portés sur la liste conduite par Nadine l’HENORET et Jean-Louis BOUSQUET doit être attribué aux composantes du Front de Gauche plutôt qu’à Europe Ecologie, sans parler de Nouvelle Donne. Pas davantage ce qui revient au PCF sur le canton de Limoux : seulement le score de la liste officielle ou une partie des voix qui se sont portées sur le Front de Gauche ?

Cependant la question ne se pose pas pour le Front National présent sur son seul sigle, et cela dans tous les cantons de l’Aude, avec des scores qui lui permettent non seulement d’accéder partout au second tour (sauf bien sûr à Bram, pourvu dimanche dernier) mais aussi d’avoir des élus dans la future assemblée départementale. Or un nouveau progrès dans son ancrage local crédibiliserait encore le FN tout en lui procurant des moyens supplémentaires. On a vu avec les municipales que l’extrême droite a bien moins de mal que par le passé à trouver des candidats pour les élections locales, dans le même temps que s’affiche un racisme décomplexé.

Dans les cantons où le second tour opposera des candidats du PS à un binôme FN, il y a un vrai risque de voir ce dernier l’emporter grâce à un renfort important d’électeurs de la droite « classique », la porosité entre droite et extrême droite étant renforcée par la surenchère raciste et sécuritaire de certains dirigeants de l’UMP (voir la récente  intervention de Nicolas SARKZY sur les cantines scolaires). Le péril est d’autant plus grand quand le Front National est arrivé en tête au premier tour.

Dans ce cas de figure, le NPA est entièrement solidaire des électeurs de gauche qui, malgré leur rejet de la politique du gouvernement HOLLANDE-VALLS et la responsabilité des sociaux libéraux dans la progression du vote FN, utiliseront le bulletin PS pour contenir la vague bleue marine. Nous le ferons sans illusion, conscients que c’est sur notre propre terrain, celui de la lutte des classes, que se dénouera la question sociale. Nous rejetons bien entendu tout « front républicain » avec les partis de drpite qui courent après le Front National et son programme.

Dans notre canton, où nous avons une triangulaire et où le PS s’est retrouvé assez nettement en tête au premier tour, le risque apparaît nul de nous coltiner des élus FN, sauf très hypothétique transfert de voix UMP alors que la droite reste dans la course. Nombre d’électeurs de gauche hésiteront à faire un cadeau au parti socialiste, d’autres choisiront le principe de précaution… deux attitudes électorales différentes qui ne doivent pas nous empêcher de nous retrouver le 9 avril dans les grèves et les manifestations.

 

Décryptons le discours du FN (2)

Posté : 23 mars, 2015 @ 6:01 dans Antifascisme | Pas de commentaires »

Marine revoit son programme

Une surprenante défense des services publics

Lisez bien le texte qui suit. Sans doute les termes d’Etat fort n’entre pas dans le vocabulaire de la gauche, mais remplacez « fort » par républicain, un mot très à la mode, et moyennant quelques autres petites corrections vous obtiendrez un programme présentable que pourraient revendiquer beaucoup de celles et de ceux qui se classent dans la gauche antilibérale. Pourtant ces propositions n’émanent pas de notre camp. Nous reproduisons, sans le moindre ajout ni le moindre retrait, une fiche programmatique de l’équipe de campagne de Marine LE PEN, fiche qu’on peut toujours lire sur le site du Front National : http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/autorite-de-letat/services-publics/ 

Naturellement nous ne sommes pas dupes de cette démagogie, mais force est de constater qu’elle est payante au plan électoral, dans le cadre d’une politique attrape tout où le FN s’avère capable d’adresser des messages à toutes les catégories sociales. C’est la raison pour laquelle, même si la lecture de ses publications nous répugne, il est indispensable de décrypter son discours pour comprendre pourquoi ça marche, comment il peut réaliser de tels scores dans les petites communes rurales de nos cantons audois (et ailleurs). Bien sûr les propositions « sociales » du FN ne sont qu’un des volets, mais elles viennent légitimer les autres : le racisme, le discours sécuritaire, la chasse aux « assistés » et autres saloperies. Raison de plus pour décrypter et démasquer. Dans le prochain article de notre dossier antifasciste nous ferons le lien avec le socle de classe que le FN cherche à consolider.  

 

Les services publics sont un patrimoine de première importance auquel les Français sont très légitimement attachés. L’un des plus grands crimes commis par les gouvernements UMP et PS successifs consiste à avoir méthodiquement travaillé à démanteler ce trésor national, en particulier dans les zones rurales. Les services publics sont un vecteur essentiel de l’égalité entre les citoyens. Le redressement des services publics constitue donc un axe essentiel du projet présidentiel, et s’inscrit en cohérence avec la restauration d’un Etat fort, partout sur le territoire.

ANALYSE

  • La libéralisation et la privatisation des services publics L’UMP et plus encore le PS, nous parlent régulièrement des services publics, qu’ils prétendent vouloir protéger. Ces deux partis, successivement au pouvoir ces dernières décennies, ont pourtant porté un coup très grave aux services publics français à travers deux mouvements qui se poursuivent aujourd’hui : en soutenant « la concurrence libre et non faussée » et donc la libéralisation des services publics, conséquence des Traités européens et des directives qui en découlent ; en privatisant les entreprises de service public dans tous les secteurs. Il faut noter que les gouvernements de gauche ont autant contribué à ce double mouvement de libéralisation et de privatisation que les gouvernements de droite (le gouvernement Jospin a ainsi privatisé Air France, France Télécom, et des autoroutes).
  • Les conséquences néfastes de ce mouvement : une hausse des tarifs Ces évolutions ont plusieurs conséquences néfastes. Le consommateur d’abord, n’a en rien profité de cette évolution, au contraire. L’accaparement des secteurs rentables par le privé et les nombreuses ententes (constitution d’oligopoles), comme dans la téléphonie par exemple, souvent dénoncées mais jamais cassées, ont empêché la baisse promise des tarifs. La qualité du service s’est fortement dégradée. La nouvelle complexité des offres tarifaires a nui aux capacités d’arbitrage de consommateurs aujourd’hui désemparés. L’exemple de la téléphonie est à cet égard frappant (ententes entre les principaux opérateurs, coûts élevés pour le consommateur), de même que celui du renseignement téléphonique (l’offre qui a remplacé l’ancien numéro 12 est désormais illisible, très coûteuse et de surcroît délocalisée). En ce qui concerne l’électricité, la scandaleuse loi NOME accroît artificiellement les tarifs alors que l’énergie nucléaire permet une production à bas coût (les prix de l’électricité ont ainsi crû de 9,3% en 2 ans, et rappelons que ceux du gaz ont augmenté de 60% en 6 ans).
  • La rupture du principe d’égalité Aussi grave, la libéralisation des services publics telle qu’envisagée par l’Union européenne et appliquée en France porte atteinte au principe fondamental de l’égalité des citoyens devant les services publics, en particulier dans les zones rurales, les premières touchées. La libéralisation envisagée du transport ferroviaire de voyageurs, après celle du fret, contribuera à la fermeture des lignes SNCF non rentables. La libéralisation du service postal d’acheminement du courrier a déjà produit des effets délétères dans d’autres pays européens. Ainsi, depuis 2007 en Espagne, la société Correos ne distribue plus le courrier aux habitations situées à plus de 250 mètres d’une voie principale. Combien de Français, souvent âgés, vivant à la campagne devront faire des kilomètres chaque jour pour relever leur boîte postale si la France connaît la même évolution ?
  • Le désengagement de l’Etat de tous les services publics A la problématique européenne de libéralisation des services publics s’ajoute celle du désengagement progressif de l’Etat dans les services publics régaliens (défense, police et gendarmerie, justice), mais aussi dans les services publics de la santé, de l’éducation, de la petite enfance. Ces problématiques particulières font l’objet d’un traitement dans les parties du projet qui leur sont spécifiquement consacrées, mais elles aggravent les problèmes ici dénoncés. Il en va de même concernant la RGPP (révision générale des politiques publiques) qui a considérablement désorganisé et affaibli les services déconcentrés de l’Etat.
  • L’Etat fort, garant des services publicsPour répondre à tous ces défis, l’Etat doit retrouver une capacité de définition stratégique de la politique de la Nation en matière de services publics et d’aménagement du territoire, s’agissant notamment de l’énergie, de l’eau, des transports publics, des télécommunications et des services postaux.

POSITIONS

  1. Modernisation et rationalisation des services publics.
    Un effort d’organisation et d’efficacité sera mené pour moderniser et rationaliser le fonctionnement des services publics marchands.
  2. L’interruption des processus de libéralisation
    Une renégociation des Traités européens sur la question des services publics mettra fin au dogme de « la concurrence libre et non faussée», et à l’obligation de libéralisation des services publics.
    Dans l’immédiat, l’application des directives européennes de libéralisation des services publics sera gelée, s’agissant en particulier du transport ferroviaire et des services postaux.
  3. La sanctuarisation des participations publiques Les participations actuelles de l’Etat dans les grandes entreprises de service public seront sanctuarisées. Les ouvertures de capital et privatisations d’entreprises de service public seront donc empêchées. Les collectivités territoriales seront incitées à en faire de même à leur niveau.
    La Poste sera de nouveau un établissement public de l’Etat.
  4. La garantie de la continuité territoriale
    L’Etat veillera au respect scrupuleux du principe de continuité territoriale, qui veut qu’aucune zone du territoire national n’échappe au service public, dans tous les secteurs (transports, énergie, poste, télécommunications notamment.).Les opérateurs privés en charge de missions de service public, notamment dans la téléphonie et l’accès au numérique, verront leur cahier des charges durci pour assurer l’égalité de tous devant le service public, en particulier en zone rurale et en Outre-mer.
  5. Les services publics garants du pouvoir d’achat
    Dans le cadre de la politique menée en faveur du pouvoir d’achat, les ententes illicites entre opérateurs privés seront pénalement sanctionnées, notamment dans les télécommunications ; des tarifs plafond seront décidés par l’Etat et imposés à tous les opérateurs des transports publics locaux ; les tarifs de l’électricité et du gaz seront directement réglementés par l’Etat et la loi NOME abrogée.
  6. La remunicipalisation de l’eau
    S’agissant du service public de l’eau, l’Etat encouragera les collectivités locales à maîtriser les processus de captation, production et traitement de l’eau, via notamment, lorsque la situation financière de la collectivité le permettra, une remunicipalisation du service public de l’eau.

Décryptons le discours du FN (1)

Posté : 21 mars, 2015 @ 6:24 dans Antifascisme | 1 commentaire »

Marine à la pêche

Quels intérêts de classe derrière le Front National ?

 

Alors que Marine Le Pen ne cesse de fustiger le système « UMPS », c’est bien dans le système capitaliste que le FN se projette. Il affirme vouloir permettre à une fraction de la petite et moyenne  bourgeoisie, celle qui est « bien de chez nous », qui n’a pas accès au marché mondialisé dont elle subit les conséquences, de reprendre en main sa destinée. C’est la base électorale classique du FN, un petit patronat resté cantonné essentiellement à l’échelle nationale, qui peste contre l’ouverture des frontières, les impôts et taxes, les diktats de Bruxelles et réclame des mesures de « protectionnisme intelligent ».

Par ailleurs le FN capte par son discours « antisystème » et nationaliste, une partie des ouvriers, des employés et des paysans en colère qui ne voit pas à gauche, qu’elle soit réformiste, radicale ou extrême, d’alternative crédible à la crise systémique qu’ils subissent. Il suffit d’ouvrir les oreilles au bistro, sur les marchés, mais aussi au boulot et parfois dans nos familles pour se rendre compte des ravages de ce discours qui pointe la « concurrence » des délocalisations, des importations et des travailleurs immigrés comme la cause de tous nos maux, en occultant l’exploitation capitaliste. On ne doit pas prendre à la légère les tentatives des fascistes pour infiltrer les organisations syndicales, ni l’écho de propositions démagogiques (augmentation des bas salaires, des pensions et de l’APH) dont la réalisation est conditionnée par la préférence nationale et le contrôle des « assistés ». Combien de fois avons-nous entendu « si je m’appelais Mohammed j’aurais droit à tout » ?

C’est donc sur un programme utopique, passéiste, réactionnaire et xénophobe, qui défend une fraction en déclin de la bourgeoisie française, que le FN se fait passer pour « antisystème », qu’il propose non pas d’en finir avec l’exploitation capitaliste mais de la restreindre à nos « bourgeois de souche » dans le cadre national. Il développe également le vieux mythe corporatiste qui lie les intérêts des salariés à ceux de leur patron. Autant dire qu’entre le discours et la réalité, il y aura une facture que les travailleurs paieront cher, à travers les dévaluations et l’inflation et une baisse drastique des salaires. Et cela d’autant que les petites et moyennes entreprises familiales, tant vantées même à gauche, sont loin d’être des paradis sociaux !

C’est sur le terrain de la lutte de classe que ça va se jouer

Il est très probable que les scores du FN aux élections départementales soient très élevés et qu’il obtienne un nombre d’élus significatifs dans certains conseils généraux, sans pour autant que cela fasse faire la culbute au bipartisme qui reste à la tête des exécutifs départementaux. Il est très probable, également, qu’une grande partie des classes populaires n’ira pas voter les 22 et 29 mars prochains, dégoûtés par la politique anti-ouvrière du PS et des majorités locales qui ont gravité jusqu’à présent autour de lui et n’ayant pas davantage confiance dans la droite. Nous n’irons pas faire la morale aux abstentionnistes, pas plus que nous ne chercherons à dissuader ceux qui voteront malgré tout à gauche. D’autres, malheureusement, feront le choix de voter contre leur camp en optant pour le vote FN, le pire ennemi des travailleurs, et c’est ceux là que nous devons convaincre.
Alors que sur le terrain social, le contexte est marqué par des bagarres sur les salaires autour des Négociation Annuelles Obligatoires, c’est sur ce terrain, celui de la lutte de classe contre les politiques d’austérité, pour des augmentations de salaires, celui du combat contre la Loi Macron, qu’il sera possible de « faire barrage », de façon décisive, au FN qui s’alimente de la perte de repères et de l’absence de perspectives pour le monde du travail.

Ni 22 mars, ni 29 mars, donc, dans ce contexte, notre rendez-vous à nous, ce sera la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle du 9 avril à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU. Les directions syndicales l’ont convoquée tout autant pour faire face à cet appel d’air par en bas que pour redorer un tant soit peu le blason de la direction de Montreuil. C’est aussi pour cela que le 9 avril, pour les travailleurs, ne saurait être que « le premier tour », si nous voulons faire ravaler aux Valls, aux Sarkozy et aux le Pen, toutes leurs prétentions.

 

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