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NPA haute vallée de l'Aude

Archive pour la catégorie 'Dans nos campagnes'

Fascisme rural

Posté : 21 mars, 2015 @ 10:59 dans Dans nos campagnes | Pas de commentaires »

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Le retour des chemises vertes ?

 

Si on connaît l’affection du maréchal Pétain pour la ruralité, pour « la terre qui ne ment pas », proclamée dans le discours du 25 juin 1940 (en fait rédigé par l’écrivain Emmanuel Berl, qui s’éloigna rapidement du régime de Vichy), on connaît moins la tentative d’organiser, dans la France des années 30, un mouvement fasciste paysan.

   Les Comités de défense paysanne, vite rebaptisés « chemises vertes » en raison de la couleur de leur uniforme, furent crées en 1934, l’année où les ligues fascistes se lancèrent à l’assaut de l’assemblée nationale par Henri DORGERES, de son vrai nom Henri-Auguste d’HALLUIN ; l’allusion aux chemises noires de Mussolini est transparente. DORGERES reprenait également du Duce son programme d’état totalitaire et corporatiste, assorti d’une apologie du retour à la terre et d’une démagogie sur l’égalité entre les campagnes et les villes, vite transformée en dénonciation de ces salauds d’ouvriers et d’employés favorisés par le Front populaire.

On oublie souvent que les premières actions des fascistes italiens – la paysannerie était largement majoritaire dans la péninsule – mobilisèrent les squadristi dans les zones rurales pour briser, au service des propriétaires fonciers, les grèves des journaliers agricoles. C’est ainsi que, notamment dans la vallée du Pô, les chemises noires se firent la main avant de s’attaquer aux ouvriers des villes et à leurs syndicats.

Le modèle n’a pas pris en France, les chemises vertes n’ayant guère essaimé au-delà du nord et de l’ouest du pays avant de se fondre dans le Front Paysan qui fournit quelques cadres à la Corporation paysanne du régime de Vichy ; certains, dont Henri DORGERES, rejoignirent par la suite le Poujadisme. Leur brève existence donna cependant lieu à quelques manifestations de violence contre les salariés en lutte, à des grèves de l’impôt, à des piquets s’opposant aux saisies.

Quel rapport avec la situation actuelle ?

La population de nos villages n’est nullement vaccinée contre la tentation de l’extrême droite, et malheureusement le résultat des élections départementales risque encore de le montrer. Il faudra cesser de se voiler la face et tenter de comprendre les ressorts de l’influence grandissante du Front National, si nous voulons l’affronter autrement que par des incantations. Au lendemain des élections nous devrons constituer des collectifs antifascistes, étudier la propagande du FN pour mieux combattre son emprise sur les classes populaires.

Mais il n’y a pas que dans les urnes qu’on retrouve l’extrême droite. Ces derniers temps de nombreuses manifestations de violence, contre les opposants au barrage de Sivens mais aussi contre des camionneurs espagnols, contre les véhicules et parfois la personne de contrôleurs, contre des bâtiments publics, ont été le fait de véritables milices paysannes parfois renforcées par des non agriculteurs. A Sivens, les partisans du barrage qui paradaient sans se cacher avec des gourdins (dont le port qualifié d’armes par destination aurait conduit en correctionnelle des manifestants ouvriers ou étudiants) ont reçu le soutien sur place de candidats du Front National. L’évidente complicité de la gendarmerie locale montre que celle-ci est également infiltrée.

Dans certains cas la FDSEA et le CDJA sont organisateurs, les structures locales qui débordent un peu le cadre légal étant gentiment appelées au calme par des instances nationales plutôt compréhensives. Dans d’autres elles sont débordées par les activistes violents qu’elles se gardent de condamner. Dans tous les cas il s’agit d’instrumentaliser les difficultés bien réelles et les inquiétudes légitimes, notamment à propos de la politique agricole commune, au service des visées réactionnaires des agrariens défenseurs du productivisme. Partout le Front National est en embuscade, dénonçant la soumission de l’UMPS à la politique de Bruxelles, revendiquant sans vergogne des services publics de proximité et la défense de la ruralité.

Et si l’opposition des travailleurs des campagnes à ceux des villes (aujourd’hui très majoritaires) ne prend évidemment pas la même forme que dans les années trente, on a vu ces dernières années des agriculteurs mobilisés contre des salariés en lutte dans les laiteries et les entreprises de l’agroalimentaire.

Agriculture et capitalisme

Posté : 3 novembre, 2014 @ 10:56 dans Dans nos campagnes | Pas de commentaires »

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Le Capital s’en va aux champs 

 

      L’agriculture en France est longtemps restée le domaine presque exclusif d’exploitations familiales assurant l’essentiel de la production. Les capitalistes ne se sont guère intéressés au travail direct de la terre, le retour sur investissement étant trop limité ; cela ne veut pas dire que le système ne retire rien du travail des paysans, ponctionné en amont par les fabricants et marchands d’intrants et de machines, en aval par le négoce, les industriels et la grande distribution, à tous les niveaux par les banquiers dont au premier chef le Crédit Agricole. Mais jusqu’à ces dernières années seuls quelques vignobles prestigieux et domaines camarguais alliant riziculture et élevage de toros, comme celui de Paul Ricard, ont été achetés par de grandes firmes. La mécanisation a permis de cultiver un nombre important d’hectares en restant dans le cadre de l’exploitation familiale, tout en réduisant le nombre de salariés permanents et même saisonniers.

Les raisons de cette spécificité française, du maintien de l’agriculture au stade précapitaliste, ont été explicitées dans de nombreuses contributions qui ont mis en avant la volonté politique du second Empire puis de la troisième République de s’appuyer sur une classe nombreuse de petits propriétaires attachés au maintien de l’ordre social pour faire pièce au prolétariat naissant. S’y ajoutent des considérations économiques, car ces petits paysans qui s’auto-exploitent sont finalement rentables pour le système. A la différence de l’Italie et de l’Espagne, la France n’a pas connu le latifundio, le grand domaine faisant appel à des centaines de journaliers. Elle n’a pas fait le choix de l’Angleterre qui importait massivement des denrées à bon marché. Elle a développé le protectionnisme, protégeant ses agriculteurs par des droits de douane élevés.

Dans une contribution publiée sur les blogs NPA du Gers et de l’Ariège (lien ci-dessous) Alban Pellegris revient sur les raisons théoriques et historiques qui expliquent cette exception sectorielle et montre comment, après avoir résisté au « pacte moderniste » conclu entre les technocrates gaullistes et la nouvelle génération de dirigeants du CNJA puis de la FNSEA, après avoir longtemps survécu à la mise en place du marché commun agricole, elle est en train de prendre fin.

http://www.npa-ariege.org

 

Communiqué du Front de Gauche

Posté : 31 octobre, 2014 @ 9:25 dans Dans nos campagnes | Pas de commentaires »

 

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Réunion à Granès sur la réforme des collectivités territoriales

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la réunion publique organisée par le Front de gauche de la haute vallée à Granès le mercredi 22 octobre 2014, tel qu’il nous a été transmis par Alain Bonnery (PCF). Réunion sympathique et débat intéressant, même si de l’avis d’une partie des présents la discussion a tourné un peu trop vite vers ce qui semble le principal centre d’intérêt du Front de Gauche, la préparation des prochaines élections départementales. Le calendrier électoral est une chose, mais c’est dans la rue et dans les entreprises qu’il s’agit de mobiliser pour contrer l’offensive des capitalistes et du gouvernement à leur service. 

On a bien cru un moment qu’il faudrait déménager dans une salle plus grande, mais finalement, en se tassant, la quarantaine de participants à la rencontre organisée par le Front de gauche de la Haute-Vallée a pu contenir dans la salle communale du village de Granès où le maire, Yves Aniort était heureux de les recevoir. Il y avait là des représentants de toutes les familles composant le Front de Gauche, d’autres organisations anti-capitalistes, mais aussi plusieurs citoyens indépendants. On remarquait la présence de 3 maires et de 6 adjoints de communes du secteur. On notait aussi avec intérêt la participation de quelques militants ou ex militants socialistes. Tous ici étaient d’accord avec le fait que la politique menée par le gouvernement actuel est une politique de droite entraînant la désespérance et menant à l’abîme de l’extrême droite. La discussion a permis de cerner les dangers générés par la réforme des collectivités locales, dangers pour la démocratie et danger comme vecteur de l’austérité. La communauté de communes Aude en Pyrénées ne se gênant pas pour aller au-delà et vite vers ce que l’on redoute le plus, la perte d’autonomie des communes, on a évoqué la nécessité d’alerter les élus et la population.

On a aussi beaucoup insisté sur l’élargissement du Front de gauche, le moyen le plus évident étant d’organiser des réunions régulières et dans un village différent chaque fois. La prochaine aura lieu le jeudi 27 novembre.

La réunion s’est terminée sur le rappel des axes d’intervention du Front de gauche en Haute-Vallée dans la période qui s’ouvre : services publics, santé, ligne ferroviaire, emploi, environnement, gestion de l’eau (remunicipalisation), réforme territoriale,…

 

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