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NPA haute vallée de l'Aude

Archive pour la catégorie 'L’internationale'

La leçon de Grec

Posté : 21 mars, 2015 @ 11:17 dans L'internationale | Pas de commentaires »

Grèce

Solidarité avec les travailleurs et le peuple grecs.

Non au diktat du 20 février, annulation de la dette

Résolution adoptée par le Conseil politique national du NPA de mars 2015.

Le rejet des politiques d’austérité imposées au peuple grec par la troïka et la bourgeoisie grecque s’est traduit lors des élections du 25 janvier par la déroute des partis qui s’en étaient faits les agents serviles et par la victoire de Syriza puis la formation d’un gouvernement sous la présidence d’Alexis Tsipras.

Il s’agit là d’un tournant important dans la crise chronique que connaît l’Union européenne sous la pression des politiques mises en place par les différents États sous la houlette de la commission européenne et du FMI.

Le peuple grec impose un débat au niveau de l’Europe contestant la légitimité des politiques européennes et de la dette. Il l’impose au niveau des institutions européennes mais aussi au sein du mouvement ouvrier, syndical et politique.

La confrontation entre l’Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro), le gouvernement Tsipras, les travailleurs et les classes populaires grecs est un enjeu et une expérience pour l’ensemble des travailleurs et classes populaires des pays de l’Union européenne et au-delà.

Elle pose une question fondamentale : est-il possible d’en finir avec l’austérité sans remettre en cause les institutions politiques et financières de l’Union européennes, l’Europe du capital, sans contester la dette et la propriété privée capitaliste ?

Un nouveau diktat de la Troïka, un renoncement majeur

Tous les responsables de l’Union européenne, du ministre des finances allemand au président de l’Eurogroupe en passant par le président de la Commission européenne et sans oublier les représentants du gouvernement français, ont martelé que les élections ne peuvent pas changer les traités.

Dans cette confrontation entre le nouveau gouvernement grec et les principales puissances de la vieille Europe, un premier acte s’est achevé fin février, avec l’annonce de l’accord signé entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe le 20 février, et les engagements du gouvernement grec présentés et approuvés par l’Union européenne le 24 février. Contrairement aux illusions répandues par la direction de Syriza et le gouvernement Tsipras, les gouvernements de l’UE – français et italien compris – se sont montrés unis à la position allemande et inflexibles : pas question de laisser ouvrir la moindre brèche dans les politiques d’austérité au service des multinationales et de la finance globalisée !

Résultat d’un ignoble chantage, l’accord du 20 février constitue clairement une agression politique contre le peuple grec mais aussi contre ceux de toute l’Europe. Sous couvert de prolonger l’« aide financière » à la Grèce pour les quatre mois à venir, il maintient le règne de la troïka (rebaptisée pour l’occasion « institutions »), interdit au gouvernement grec toute mesure unilatérale, autant dire toute indépendance politique, et l’engage à rembourser intégralement la dette. Le gouvernement s’engage en outre à ne pas augmenter la masse salariale du secteur public, à introduire les pratiques managériales fondées sur le mérite dans le secteur public, à ne revenir sur aucune privatisation, à flexibiliser le marché du travail.

Il aura donc fallu moins d’un mois pour qu’apparaissent en pleine lumière les obstacles contre lesquels butera immanquablement tout gouvernement prétendant rompre avec l’austérité, même sur la base d’un programme minimal, s’il refuse d’engager une rupture avec les institutions du capital européen en inscrivant sa politique dans la perspective d’une Europe des travailleurs et des peuples.

Dire les choses telles qu’elles sont

L’exercice auquel s’est livré Tsipras, affirmant avoir « gagné une bataille », paraît fonctionner pour l’instant, mais son efficacité se heurtera rapidement à l’épreuve des faits. Le peuple grec risque fort de se détourner de Syriza si le parti ne respecte pas ses engagements électoraux, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique, avec le risque – assumé implicitement par l’Union européenne, mais aussi par les gouvernements français et allemand – qu’Aube dorée sorte renforcé de ce qui serait une défaite pour le monde du travail. Seule la mobilisation populaire sera capable de contraindre le gouvernement à rompre son accord avec la Troïka afin d’imposer la rupture avec l’austérité

Cela suppose d’assumer l’affrontement avec les institutions européennes et la bourgeoisie grecque pour imposer le refus de payer la dette, son annulation (et non sa « restructuration »), condition nécessaire pour sortir de l’austérité et de la régression sociale.

Les pressions – présentes et à venir – de la BCE ainsi que la fuite des capitaux exigent la réquisition de la banque centrale grecque, la socialisation intégrale du système bancaire grec pour créer un monopole public bancaire capable de contrôler des mouvements de capitaux et de mettre en œuvre une politique répondant aux besoins de la population.

Etre solidaire du peuple grec, c’est dire la vérité : la stratégie consistant à négocier avec des institutions représentant les intérêts du capital, en renonçant par avance à toute initiative unilatérale, ne peut aboutir qu’à la défaite, au statu quo et au désespoir.

Rien n’est joué, la lutte continue

L’accord gouvernemental avec la droite souverainiste d’ANEL, l’élection d’un Président de la République de droite, les reculs inclus dans l’accord avec la Troïka indiquent clairement les limites du gouvernement Tsipras et à quel point les travailleurs ne doivent compter que sur eux mêmes.

Mais son recul, son renoncement majeur ne sont pas la fin de la bataille, encore moins de la guerre engagée au niveau européen entre les classes dominantes et les peuples. De nouvelles négociations vont s’engager, avec des rebondissements toujours possibles. D’autant que les dernières décisions de Tsipras ont provoqué des remous importants. Certaines composantes de Syriza ont pris position contre l’accord avec Bruxelles. C’est le cas de DEA, la Gauche ouvrière internationaliste. C’est aussi le cas de Manolis Glezos, héros de la résistance grecque et député européen. Sur un ton plus modéré, Costas Lapavitsas, économiste et député de Syriza, ainsi que Panayotis Lafazanis, ministre du Redressement productif et chef de file du plus important courant de la gauche de Syriza (le « Courant de gauche »), ont exprimé des réserves. 41% du Comité central de Syriza a contesté l’accord avec l’Eurogroupe

C’est le cas aussi des forces anticapitalistes et révolutionnaires regroupées dans Antarsya ainsi que du KKE et sa fraction syndicale PAME bien que le sectarisme de ces derniers soit un obstacle au développement de la mobilisation.

Cette opposition est décisive car, si le gouvernement reste plus que jamais soutenu par le peuple grec, son crédit risque de s’effriter à mesure que s’approfondira dans les prochains mois la contradiction entre les mesures d’urgence mises en avant durant la campagne et l’acceptation du cadre européen de négociations, qui exclut toute politique au service des travailleurs et des populations.

Notre solidarité

La lutte du peuple grec est notre bataille, elle est celle de toute la classe ouvrière des pays de l’Union européenne.

Les capitalistes sont unis au niveau européen et mondial, nous devons y opposer l’unité de celles et ceux qui ne supportent plus les effets de l’offensive capitaliste.

Face aux agressions de l’UE contre la Grèce, nous défendons l’annulation de la dette supposément due par la Grèce : en particulier, celle des 42 milliards d’euros de créances que le gouvernement français détient. Et si quelqu’un doit payer, ce ne sont pas  « tous les Français » comme le prétend la propagande gouvernementale et réactionnaire, selon laquelle nous devrions « tous » déverser 700 euros en cas de défaut de la Grèce… Ce sont nos banques multinationales et multimilliardaire, qui se sont engraissées sur le dos du peuple grec comme de ceux de toute l’Europe, et face à leur crise ont été « sauvées » grâce aux fond publics.

Notre solidarité est d’abord notre propre lutte contre les politiques d’austérité, en premier lieu pour le rejet de la loi Macron. C’est œuvrer au succès de la journée du 9 avril et militer pour en faire un premier moment de rassemblement des forces du monde du travail pour affronter le gouvernement PS-Medef, modifier les rapports de forces.

Notre solidarité c’est aussi participer à toutes les initiatives de soutien au peuple grec contre la troïka et le FMI, à la constitution de comités unitaires sans apporter de soutien à la politique au gouvernement Tsipras, à l’établissement de liens concrets avec les secteurs en lutte en Grèce comme le fait la campagne « Solidarité France Grèce pour la santéé. C’est animer et porter le débat politique dans nos organisations syndicales, associatives, sur nos lieux de travail et d’habitation, dans la jeunesse pour y défendre la perspective d’une rupture avec les politique d’austérité par l’annulation de la dette, la mise en place d’un monopole public bancaire, la nationalisation sous contrôle des travailleurs des entreprises stratégiques, la rupture avec les politiques menées en faveur du patronat par les gouvernements de gauche comme de droite qui se succèdent au pouvoir et dans la perspective d’une Europe socialiste des travailleurs et des peuples.

En Grèce s’est ouverte une brèche, à nous de l’élargir.

Luttes indigènes

Posté : 25 septembre, 2014 @ 8:06 dans L'internationale | Pas de commentaires »

 Les indiens Yaqui à nouveau en butte à la répression de l’Etat mexicainIMG_5417[1]

Une nouvelle fois dans l’histoire du Mexique la répression s’abat contre la tribu Yaqui, coupable de défendre ses terres contre le projet contesté de construction d’un gigantesque aqueduc.

Cliquez sur le lien et retrouvez l’interview de Tomàs Rojo, un des porte parole des indiens en lutte.

Désolé, c’est en Espagnol.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=8Drhvotg4Mk

Solidarité Palestine

Posté : 6 août, 2014 @ 10:00 dans L'internationale | Pas de commentaires »

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RASSEMBLEMENT SAMEDI
09 AOÛT 2014
17H30 À NARBONNE

PLACE DE L’HÔTEL DE VILLE

URGENCE PALESTINE :
Face aux massacres perpétrés par l’armée israélienne à
Gaza, plus que jamais, la solidarité internationale avec le peuple palestinien doit continuer et
s’amplifier.

Halte à l’agression israélienne ; levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza; protection
internationale du peuple palestinien; libération de tous les prisonniers ;
sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international ;
soutien à la résistance du peuple palestinien ; oui à la liberté d’expression,
non à la criminalisation de la solidarité
.

Cet appel est déjà soutenu par: Mouvement de la Paix,
MRAP, Cimade, Confédération Paysanne, FSU, Solidaires, Parti Communiste
Français, Parti de Gauche, NPA,…

Et dans l’Ariège :

RASSEMBLEMENT 

à FOIX, sur les Allées de Villotte

Vendredi 8° Août à 18 h

lieu de rassemblement sur Foix :

Monument à la résistance ou halle couverte,  si temps pluvieux

à SAINT GIRONS, sur le marché 

le samedi 9 Août à partir de 10 h

Palestine

Posté : 20 juillet, 2014 @ 4:43 dans L'internationale | Pas de commentaires »

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Hollande et Valls complices des attaques criminelles contre le peuple palestinien

En interdisant dans plusieurs villes et notamment à Paris, les manifestations de solidarité avec la Palestine, Hollande et le gouvernement Valls ont enclenché une épreuve de force qu’ils ont finalement perdue. Depuis l’Afrique où il organise l’aventure militaire de l’impérialisme français, Hollande avait joué les gros bras « ceux qui veulent à tout prix manifester en prendront la responsabilité ». C’est ce qu’ont fait aujourd’hui des milliers de manifestant-e-s qui sont descendus dans la rue pour exiger l’arrêt de l’intervention militaire de l’État d’Israël dans la bande de Gaza, pour crier leur révolte face au plus de 300 morts palestiniens depuis le début de cette intervention. Et pour faire respecter le droit démocratique à exprimer collectivement la solidarité.

En particulier à Paris, plusieurs milliers de manifestants, malgré l’impressionnant quadrillage policier, ont défié l’interdiction du gouvernement. C’est un succès au vu des multiples menaces de la préfecture et du gouvernement. En fin de manifestation, des échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et les forces de l’ordre. Comment aurait-il pu en être autrement au vu de dispositif policier et de la volonté du gouvernement de museler toute opposition à son soutien à la guerre menée par l’Etat d’Israël.

Le NPA condamne les violences policières qui se sont déroulées ce soir à Barbès et affirme que le succès de cette journée ne restera pas sans lendemain. Dès mercredi, une nouvelle manifestation aura lieu à l’appel du collectif national pour une paix juste et durable. La lutte pour les droits du peuple palestinien continue.

Le NPA appelle l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien.

Montreuil, le 19 juillet 2014

Interview de Sandra DEMARQ (CE du NPA) sur l’interdiction de la manifestation :

http://npa2009.org/videos/interview-de-s-demarcq-sur-la-manifestation-interdite-europe-1-le-190714

 

La gauche ouvrière haïtienne solidaire du peuple brésilien

Posté : 17 juin, 2014 @ 12:37 dans L'internationale | Pas de commentaires »

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Lettre ouverte de Batay Ouvriye (Haïti) à la Présidente du Brésil

Batay Ouvrieye (Bataille ouvrière) est une organisation politico-syndicale d’un pays parmi les plus pauvres au monde, où des grandes entreprises de divers pays dont la France, ancienne puissance coloniale expulsée par la révolution menée par Toussaint Louverture, profitent des zones franches et exploitent la production agricole. Longtemps sous la coupe du sinistre dictateur Franèçois Duvalier, dit Papa Doc, Haïti a subi plusieurs interventions étrangères, notamment des USA, pour « rétablir l’ordre » néo-colonial. Le Brésil maintient un contingent depuis plusieurs années.

Port-au-Prince, ce mercredi 11 juin 2014

LETTRE OUVERTE À MADAME DILMA ROUSEFF PRESIDENTE DU BRÉSIL Par l’intermédiaire de M. José Luis Machado E. Costa Ambassadeur du Brésil en Haïti

Madame la présidente,

À l’occasion de la Coupe du Monde 2014 qui se déroulera au Brésil, nous appuyons sans réserve et donnons notre pleine et entière solidarité aux mobilisations du peuple brésilien qui réclame santé, éducation, logement, de meilleurs salaires, des transports gratuits, parmi d’autres revendications… au lieu des milliards qui ont été dépensés en stades et logistique. Nous connaissons l’amour du peuple brésilien pour le foot-ball. S’il en est arrivé là, c’est qu’il a vraiment marre. Marre de sa vie exécrable, de l’exploitation qu’il souffre de la part des grands capitalistes, nationaux comme internationaux, et de la domination qu’il subit par l’intermédiaire de votre gouvernement.

Les milliards dépensés iront comme toujours au bénéfice du grand capital. Mêmes les billets d’entrée atteignent des coûts exorbitants pour un citoyen moyen. La présence d’un gouvernement sorti des rangs d’un parti de travailleurs n’arrange rien à la situation, sauf apporter la mystification que l’on connaît, comme le font, en ces temps-ci, tous les gouvernements populistes de l’Amérique Latine.

En ce sens, votre gouvernement ferait mieux de répondre aux revendications populaires, au lieu de réprimer aveuglément dans le but uniquement de garantir la suprématie capitaliste.

Dans ce même ordre d’idées, nous rappelons au gouvernement que vous dirigez que la MINUSTAH n’a rien apporté non plus au peuple haïtien. Au contraire : en plus de coûter très cher, cette mission n’a fait que répandre maladies, viols, exactions de tous genres et répression généralisée, toujours pour la protection des grands capitalistes, des grands propriétaires terriens et autres « grands mangeurs » du gouvernement.

Pire : aujourd’hui, le plan global de « développement » (en d’autres termes : d’exploitation et de domination des travailleurs) est appliqué par un gouvernement neo-duvaliériste déclaré. Avec le fonctionnement ouvertement totalitaire, propre à sa nature. Si, dans un premier temps, la présence de la « seleção » avait pu tromper le peuple, aujourd’hui, après dix ans d’exaction et de répression : il est temps que cette sinistre mission s’en aille ! Par ailleurs, nous savons très bien que les dirigeants en place ne porteront jamais cette revendication souveraine. Ils l’avouent eux-mêmes : la MINUSTAH est leur principal appui dans l’implantation du plan sanguinaire d’exploitation sans limite et de domination totalitaire qu’ils ont à exécuter. Il faut donc être clairs : c’est ce gouvernement qu’aujourd’hui vous appuyez !

Ainsi, nous dénonçons publiquement la domination sans honte avec laquelle un gouvernement issu d’un parti de travailleurs essaie d’écraser et humilier le peuple haïtien, comme il tente de le faire également contre le peuple brésilien.

Lien vers le site de nos camarades haïtiens :  http://www.batayouvriye.org/Francais/Accueil.html

Grève du métro à Sao Paulo (Brésil)

Posté : 11 juin, 2014 @ 12:10 dans L'internationale | Pas de commentaires »

arton680[1]La « Pax footboalistica » ne règne pas au Brésil à la veille du match d’ouverture, grèves et manifestations se multiplient contre le gaspillage financier que représente l’organisation de la coupe du monde dans un pays pauvre. Les travailleurs profitent de la vitrine sportive pour faire entendre leurs revendications, c’est eux que nous devons « supporter » !

 

Le 5 juin, une «grève illimitée» des salariés du métro a été déclarée. A São Paulo, sans le métro, il est quasi impossible d’atteindre le stade Arena Corinthians. Un stade de luxe obéissant aux standards de la FIFA présidée par l’Helvète Sepp Blatter. C’est dans ce stade que doit se dérouler la «cérémonie inaugurale» de la Coupe le 12 juin et le match d’ouverture entre le Brésil et la Croatie; ainsi que six des 64 rencontres prévues pour le «Mondial». Le métro transporte, en moyenne, 4,5 millions de personnes chaque jour.

Les travailleurs exigeaient au début une augmentation de leur salaire de 35,7%. Lors des négociations, ils fixèrent la barre à 16,5%. Après de nombreuses négociations, la direction a proposé 7,8%; puis le 4 juin 2014, devant le Tribunal régional du travail, elle a accepté 8,7%.  Or, l’augmentation des prix des aliments et des biens de première nécessité est bien supérieure. L’assemblée, le matin du 5 juin, a réuni plus de 2500 travailleurs. Le mot d’ordre de grève illimitée était clamé et repris sur les pancartes. La seule proposition faite lors de l’assemblée fut d’ailleurs celle d’une grève illimitée.

Aussi bien le patronat que le gouverneur de l’Etat de São Paulo – Geraldo Alckmin du PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne) – et la mairie ont refusé toutes les propo- sitions des travailleurs. Dès lors, Altino Prazers, président du syndicat des travailleurs du métro et membre du Parti socialiste des travailleurs unifié (PSTU), a expliqué le sens plus général de la mobilisation.

«Le transport n’est pas une marchandise. Notre lutte est aussi la lutte de la population pour un transport meilleur et à un prix bas. S’ils ont de l’argent pour la Coupe, s’ils ont de l’argent pour l’Itaquerão (nom officiel pour la Coupe de l’Arena Corin-thians), pourquoi n’ont-ils pas d’argent pour le métro?» Altino Prazers ajoute: «Quand un jeune homme de la zone veut rencontrer son amie de la zone sud, il ne le peut pas, parce qu’il n’a pas l’argent pour se payer le métro.» Altino, de la sorte, donnait l’exemple que les travailleurs du métro et le métro doivent être au service de la population et que cela n’est possible que si le métro est conçu comme devant répondre aux besoins des couches populaires de cette mégalopole de plus de 20 millions d’habitants.

Pour saisir la place de cette grève, il faut la situer dans le contexte de mobilisations actuelles au Brésil, dont l’un des détonateurs est tout ce que l’organisation de la Coupe du monde a révélé aussi bien en termes de priorités sociales des dépenses publiques, qu’en exemples de corruption et de mépris pour les couches paupérisées – des dizaines de milliers d’habitants de favelas ont été brutalement «évacués» – ou qu’en multiplication des mesures répressives. Le gouvernement de Dilma Rousseff vient d’envisager l’utilisation de l’armée pour assurer l’ordre exigé par la FIFA.

Cette firme internationale (la FIFA) et les sponsors veulent instaurer une sorte d’état d’exception durant la Coupe de foot. Il est dès lors caractéristique que durant l’assem- blée des travailleurs du métro furent présents des représentants des divers mouvements sociaux. Cela afin de démontrer la convergence des revendications et de riposter à la cam- pagne délirante de criminalisation faite par le gouverneur Alckmin et les médias au service du pouvoir politique, des dominants et de la FIFA. D’ailleurs, un très récent sondage indique que 57% des Brésiliens et Brésiliennes considèrent que la Coupe sera plus un fardeau qu’une aide pour ceux et celles qui travaillent.

La solidarité avec les diverses luttes au Brésil constitue un élément non seulement de dénonciation internationaliste de la forme financiarisée du capital que représente l’industrie du foot, mais aussi un facteur de reconnaissance mutuelle des intérêts des salarié·e·s à l’échelle internationale; ce qui tranche, radicalement, avec le chauvinisme écervelé des «fans», manipulés, des diverses équipes «nationales».

Pour en savoir plus, si vous comprenez le Portugais :   http://www.pstu.org.br/node/20698

Zanon, l’usine sans patrons

Posté : 7 juin, 2014 @ 1:14 dans L'internationale, Non classé | Pas de commentaires »

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L’Amérique latine a connu des vagues de reprises d’usines par les travailleurs. Alors que les salariés de Fralib viennent de franchir une étape décisive pour leur SCOP et que les ex-PILPA font tourner la Fabrique du sud, il nous a paru utile d’évoquer une expérience d’autogestion ouvrière qui dure depuis plus de dix ans, dans le sud de l’Argentine

Argentine 2001 : la crise économique bat son plein, des centaines d’entreprises ferment,  le chômage explose. Les politiques, le patronat local et impérialiste et le FMI ont plongé le pays dans la faillite. « ¡Que se vayan todos ! », « Qu’ils s’en aillent tous », scande la population qui descend dans la rue et refuse de payer la crise.

Deux présidents sont renversés en décembre 2001 et janvier 2002 ; dans les quartiers, des Assemblées Populaires voient le jour ; les chômeurs, les « piqueteros », se mobilisent pour réclamer leur dû ; et puis dans des dizaines d’entreprises qui veulent mettre la clé sous la porte, les travailleurs sont bien déterminés à ne pas se laisser faire, laisser passer les fermetures et les licenciements.

Dans une de ces usines, à Zanon, dans le Sud du pays, ce sont plus de 200 ouvriers qui sont décidés à lutter pour la sauvegarde des emplois, jusqu’au bout. En septembre 2001 ils occupent l’entreprise et bientôt relancent la production de carrelage et revêtement céramique sous leur propre contrôle. C’est ainsi que naît l’expérience de Zanon-Fasinpat, l’usine sans patron. Ainsi voit le jour leur slogan : « Usine qui ferme, usine qu’il faut occuper et faire produire sous le contrôle des travailleur-euses ! ».

Cela fait plus de dix ans que la lutte des Zanon se poursuit et qu’ils continuent à dire que l’interdiction de tous licenciements et le maintien des emplois à travers le combat pour la production et la gestion sous le contrôle des travailleurs et l’expropriation des entreprises qui ferment, c’est possible !

A l’occasion d’un voyage en Europe en mai 2013,  Raúl Godoy, ouvrier de Zanon et actuellement député ouvrier à Neuquén, a animé un débat à Paris pour partager cette histoire et cette expérience car, en France comme en Argentine, ni les licenciements, ni les fermetures ne sont une fatalité, si le mouvement ouvrier se donne les moyens de contrattaquer.

C’est la vidéo de cette intervention que nous vous proposons de voir :

http://www.youtube.com/watch?v=TEMoxetY9Xo

Coupe du monde, les Brésiliens ne sont pas à la fête

Posté : 13 mai, 2014 @ 7:44 dans L'internationale | Pas de commentaires »

 

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« Faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde, qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays, leur passion pour le football et que, s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, ce serait bien pour le Brésil et pour la planète football, quoi. »

Cette phrase malheureuse de Platini condense à la fois l’inquiétude des dirigeants sportifs et politiques à l’égard de la tension sociale montante au Brésil à la veille de la Coupe du Monde et la nostalgie d’un pays qui n’existe plus. Elle véhicule aussi les illusions sur la neutralité du sport de compétition et les « trêves olympiques », comme si le capitalisme n’avait pas mis la main sur ces énormes sources de profit.

Depuis plusieurs mois, les travailleurs et la jeunesse brésiliens ne se retrouvent plus dans cette image de la « beauté » du pays, de la « passion pour le football » et d’un peuple « joyeux ». Les grandes manifestations de juin dernier ont laissé leur marque dans les esprits de toute une génération longtemps anesthésiée par les promesses du « Brésil-puissance ». Le coût économique et social extrêmement élevé de l’évènement sportif est devenu ainsi la cible symbolique de la lutte contre une société profondément injuste. Il a été au centre des mobilisations contre l’augmentation du prix des transports publics et le peuple brésilien met désormais systèmatiquement en balance le coût de l’organisation de la « Copa » avec l’insuffisance des investissements dans le domaine de la santé, de l’enseignement et du logement.

José Afonso, Raimundo Nonato, Fábio Luiz, Ronaldo, Marcleudo, José Antônio, Antônio José et Fabio Hamilton aimaient très probablement le foot. Et pourtant ils ne pourront pas assister à la Coupe du Monde car ils sont tous morts victimes des conditions de travail inhumaines dans les travaux de construction des stades et d’infrastructures. L’évènement sportif aura aussi certainement un goût amer pour les 170 000 familles expulsées de leurs logements au profit de ces mêmes travaux.  C’est aussi le cas pour les familles et des amis de l’ouvrier du bâtiment Amarildo et du danseur Douglas, assassinés brutalement et devenus des symboles de la violence policière dans les favelas « pacifiées ». Le fait nouveau c’est que dans un pays où jusqu’à présent la police tuait des jeunes et des travailleurs pauvres en toute impunité, des mobilisations aient eu lieu, jusqu’à imposer une véritable enquête et l’arrestation des responsables.

Mais les changements en cours au « pays du foot » ne s’arrêtent pas là. Une succession de grèves a mis à mal la construction par GDF-Suez du barrage de Jirau dans la région amazonienne, donnant les premiers signes que la classe ouvrière brésilienne commençait à lever sa tête. Des journées de travail de plus de quinze heures, des morts victimes du manque d’assistance médicale, la violence morale et physique des contremaîtres avaient déclenché des véritables émeutes. Plus en général, toutes les statistiques montrent une augmentation considérable du nombre de grèves depuis 2012. Le dernier exemple de ce « réveil ouvrier » a été la grève victorieuse des balayeurs de Rio qui ont saisi le moment du Carnaval pour imposer l’ensemble de leurs revendications. C’est évidemment un scénario de ce type que fait peur aussi bien aux dirigeants de la FIFA qu’au gouvernement brésilien.

Un appel à des manifestations de solidarité internationale est lancé, notamment pour le jour de l’ouverture de la Coupe du Monde, le 12 juin.

Deux liens avec la gauche brésilienne  (pour les lusophones) : 

http://www.pstu.org.br/  et  http://www.psol50.org.br/site/home

 

 

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